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Et si la cause profonde de la stagnation que nous connaissons tenait au fait que la France n'a pas vraiment effectué sa «révolution libérale» ?
Au moment où elle semble pencher du côté de l'anti-libéralisme et où, de toutes parts, s'élèvent de nouveau des voix pour réclamer plus de régulations face au marché, Pascal Salin démontre ici l'échec du soi-disant «modèle français» ; il retrace l'histoire récente des occasions perdues et propose surtout les voies de ce que serait vraiment un réveil de notre pays.
Une dénonciation en règle des timidités et des égarements qui ont conduit aux impasses actuelles : non, la France ne souffre pas de trop de libéralisme, mais plutôt d'un faux libéralisme qui pérennise des rigidités ; oui, la France a perdu beaucoup de temps, ce qui explique ses difficultés à retrouver les chemins de la croissance.
Par peur de l'avenir, ne cédons pas à nouveau aux tentations de l'étatisme et aux illusions des fausses protections.
Pascal Salin est professeur à l'université Paris-IX-Dauphine. Il a notamment publié Libéralisme et La Vérité sur la monnaie.
Les courts extraits de livres : 17/04/2007
En 1995, vous aviez toutes les chances, ou plutôt vous étiez dépositaires de toutes nos chances, mais aussi de notre dernière chance : une gauche discréditée, une majorité introuvable, l'enthousiasme de ceux qui croyaient qu'on allait enfin leur rendre un peu de leur liberté. Vous avez gâché ces chances.
Vous avez fait une faute économique en tournant le dos au vent de libéralisation qui couvre une partie du monde.
Vous avez fait une faute morale en trompant vos électeurs.
Vous avez donc fait une faute politique, sanctionnée par les électeurs.
Vous n'avez pas compris ce que pouvait réussir le grand souffle de la liberté et
Vous avez préféré continuer vos petits arrangements politiciens et technocratiques.
Vous avez manqué de conviction et, en suiveurs falots des adversaires de la liberté, vous avez préféré traiter les défenseurs de la liberté d'ultralibéraux, c'est-à-dire d'extrémistes. Mais parce que vous êtes des ultracentristes, des ultraconservateurs, c'est-à-dire que vous poussez votre manque de courage et votre manque de conviction jusqu'à l'extrême, vous avez échoué, vous nous avez fait échouer.
Maintenant, je vous le demande solennellement : êtes-vous prêts - vous et la classe politique que vous représentez - à reconnaître vos erreurs ?
Êtes-vous prêts à vous excuser publiquement auprès des citoyens pour avoir manqué de culture économique, de courage politique et de clairvoyance ?
Êtes-vous prêts à vous excuser pour les avoir spoliés depuis tant d'années et tant de décennies du fruit de leurs efforts par des prélèvements fiscaux et sociaux qui ont transformé les citoyens en esclaves fiscaux ?
Êtes-vous enfin prêts, pour le futur, à briser les tabous de cette société bloquée, de cette société que vous avez bloquée, en affirmant sans relâche qu'il n'y a pas de prospérité sans liberté ?
Telle est la question à laquelle je vous demande de bien vouloir répondre sans détours et sans langue de bois.
(Question posée par Pascal Salin à M. Stefanini, ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé, Radio TSF, 18 décembre 1997.)