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Auteur : Matt Benyon Rees
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Policiers
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Spécial policier
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-226-17718-6
GENCOD : 9782226177186
UNE ENQUÊTE D'OMAR YOUSSEF
«Matt Rees est le Dashiell Hammett de la Palestine.»
San Francisco Chronicle
Professeur d'histoire dans un camp de réfugiés à Bethléem, devenu détective à son corps défendant, Omar Youssef fait une entrée remarquée dans le monde du polar. Après l'assassinat d'un combattant palestinien et l'inculpation d'un de ses anciens élèves pour fait de collaboration avec l'ennemi, cet homme tranquille, soudain déterminé à sauver un innocent de la peine capitale, se lance dans une contre-enquête dangereuse, quand tant d'intérêts conspirent à étouffer la vérité...
Au travers de ce personnage atypique et charismatique, Matt Rees, journaliste et écrivain à Jérusalem, pose un regard inédit et passionné sur une société palestinienne minée par la violence, la corruption et la guerre.
Le premier d'une série de romans particulièrement originale, salué par une presse unanime.
«Un premier roman stupéfiant, qui transcende les conventions du genre.»
The New York Times
«Vous n 'êtes pas près d'oublier Omar Youssef.»
Anne Perry
Correspondant de Time Magazine à Jérusalem, Matt Rees a publié en 2004 un essai intitulé Cain's Field où il analyse le conflit israélo-palestinien par le biais des luttes internes qui déchirent les deux camps et de la corruption qui y règne. En passant à la fiction policière il poursuit le même projet mais en s'affranchissant cette fois des contraintes du reportage...
L'intrigue est passionnante, pleine de rebondissements comme une chasse à l'homme dans la basilique de la Nativité mais c'est surtout le contexte que le livre de Matt Rees reconstitue d'une manière saisissante. Ainsi cette habitude qu'ont les Palestiniens de décorer leur intérieur de chromos représentant des montagnes suisses, sans doute pour mieux supporter la chaleur mais aussi pour leur effet apaisant "comme si un petit fragment de pays en paix eût permis d'oublier la violence quotidienne".
L'obscurité étendait rapidement son voile sur la vallée, ombrant de gris les flancs escarpés des collines, estompant la silhouette des oliviers efflanqués et masquant les effigies romantiques des martyrs inhumés au cimetière, avant de se poser sur le village d'Irtas. Dans la maison de la famille Abdel Rahman, personne n'alluma, de crainte d'éclairer, au-dehors, le potager et la clairière du petit bois de pins que le fils aîné traverserait bientôt pour l'iftar, le repas du soir qui rompait le jeûne du Ramadan. Dans la pièce de devant, Dima Abdel Rahman posa un plateau de kamar al-din. Elle répartit les verres de jus d'abricot devant les coussins où chaque membre de la famille s'assiérait pour le repas. Le verre qui contenait le plus de fruits, elle le plaça à l'angle de la table basse, là où Louai voudrait se mettre pour pouvoir surveiller l'extérieur et vérifier qu'ils ne couraient aucun danger. Puis elle s'approcha un instant de la fenêtre ouverte, et, ignorant les appels excités de sa belle-mère qui se trouvait encore à la cuisine, elle plissa les yeux pour essayer de distinguer, au milieu des ombres, la silhouette de son mari. Elle ajusta le voile crème qui dessinait une courbe jusqu'à une épingle fichée sous son men-ton, et soulignait l'ovale net de son visage. Ses yeux, ourlés de longs cils, étaient d'un brun clair et chaud, comme le feuillage du bref automne de Palestine. C'était un visage qui disait la douceur et la confiance, assombri tout de même par une solitude récente et par la crispation angoissée des lèvres. Elle frissonna et serra les bras autour de ses épaules, alors que l'air frais de la nuit transperçait l'étoffe de sa robe de fête aux couleurs vives.
L'emplacement était idéal pour ces visites clandestines. Louai Abdel Rahman pouvait quitter sa cachette d'Irtas et rejoindre cette maison carrée de deux étages située cinq cents mètres plus bas dans la vallée sans jamais passer à découvert, à portée de vue des commandos israéliens. Les maisons de parpaings et les rues sinueuses d'Irtas s'étageaient du haut des coteaux jusqu'au fond de la vallée encaissée, évoquant des rapides se jetant dans une crevasse, écumant contre les bords de précipices et se heurtant aux récifs d'une pente moins abrupte. En bordure du village, la vallée était fertile et les lopins verts des fellahine s'étendaient autour des célèbres jardins du couvent Catholique romain que cultivaient les Filles de l'Hortus Conclusus. Au-delà de la maison des Abdel Rahman, à l'extrémité de la vallée, se trouvaient les célèbres puits connus sous le nom de «Réservoirs de Salomon» qui alimentaient l'aqueduc principal de la Jérusalem d'Hérode.
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