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.. La maîtresse de Charles Baudelaire

Couverture du livre La maîtresse de Charles Baudelaire

Auteur : Michaël Prazan

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Romans historiques

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 978-2-259-20474-3

GENCOD : 9782259204743

Xavier Brossard - 09/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 24/04/2007

Dans le Paris du XIXe siècle, des salons littéraires au hasard de ruelles mal famées, les artistes rêvent de paradis artificiels. Baudelaire, lui, construit son mythe.
Mais dans son quotidien miné par la pauvreté et la syphilis comme dans son envol vers la gloire littéraire, Charles n'est jamais seul. Une femme partage sa misère et ses excès, supporte sa jalousie et ses infidélités, endure sa folie et sa maladie.

Qui était Jeanne Duval, la mystérieuse «Vénus noire» ? La «mulâtresse» qui a inspiré la majeure partie des Fleurs du mal ? Méprisée par ses contemporains, chargée de tous les maux par la critique littéraire, oubliée enfin, elle demeure une énigme.

Ce récit lui restitue sa place dans la vie et dans l'oeuvre du poète maudit. Documenté mais romanesque, tour à tour drôle et tragique, La Maîtresse de Charles Baudelaire raconte vingt ans d'une relation passionnelle et destructrice.

Michaël Prazan, titulaire d'un doctorat de langue française, est journaliste et écrivain. Après avoir réalisé plusieurs documentaires et publié de nombreux essais (dont le dernier. Roger Garaudy : itinéraire d'une négation, paru en février 2007 chez Calmann-Lévy). il nous livre ici son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 24/04/2007

C'est alors que j'évoquai le nom de cette Mlle Berthe dont m'avait parlé mon ami Tournachon, qui serait plus tard bien connu sous le nom de Nadar. Mlle Berthe, une jeune comédienne dont le véritable nom était Jeanne Lemer, et avec qui Tournachon se vantait d'avoir eu l'an dernier une relation des plus excitantes, faisait jaser Paris du fait qu'elle était originaire d'une île lointaine, fruit d'un mélange de races dont elle ne pouvait dissimuler la nature et qui teintait sa peau jusqu'à l'ocre le plus sombre, noircissant ses yeux et son ample chevelure crêpée. Baudelaire se montra vivement intéressé par cette Jeanne Lemer que, pour ma part, je n'avais jamais aperçue. Il me posa de nombreuses questions à son sujet, notamment où il était possible de l'apercevoir. Mlle Berthe se produisait le soir même dans un théâtre du quartier des ébénistes, occupant une utilité dans un mauvais vaudeville dont la critique avait dit le plus grand mal. Baudelaire, qui aimait le théâtre et ne répugnait pas à se divertir d'un vaudeville, fût-il mauvais, me demanda si je consentirais à l'accompa­gner. N'ayant rien prévu pour la soirée, j'acceptai volontiers.
Après un frugal repas et quelques verres de vin, nous nous rendîmes au théâtre de la Porte-Saint-Antoine où se jouait la pièce intitulée Le Système de mon oncle. Sur la façade du théâtre, nous vérifiâmes qu'au bas de la liste des personnages le rôle d'une servante était bien tenu par la susnommée Mlle Berthe.
La représentation était ennuyeuse et les dialogues mal écrits. On y retrouvait tout le personnel consacré par le vaudeville : la femme, le mari trompé, l'amant, et quelques coquins qui, de quiproquos en indiscrétions, embrouillaient tout cela. La salle riait (...)


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