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La poignante épopée d'une jeune fille à la recherche de son frère adulé, par l'auteur du best-seller L'Accordeur de piano
(prix Relay du roman d'évasion 2003).
Dans un pays très pauvre, Isabel, une jeune fille de quatorze ans, vit avec ses parents à la campagne, en lisière d'une plantation de canne à sucre. Lorsque la famine et la guerre s'abattent sur ces contrées désolées, son frère Isaias fuit vers la ville dans l'espoir d'y accomplir ses talents de musicien grâce au violon hérité de son grand-père. Bientôt, poussée par la sécheresse et la misère, Isabel s'exile à son tour, pensant le rejoindre. Mais Isaias a disparu. A travers la ville violente et surpeuplée, elle se lance alors à la recherche de son frère, armée d'un espoir inébranlable.
Daniel Mason plonge le lecteur, avec une grande force d'évocation visuelle, au coeur d'un lointain pays qui semble étonnamment proche. Fable moderne et émouvante sur la dignité de la survie, la quête d'Isabel est avant tout une ode universelle à la force des liens familiaux.
Né en 1976, Daniel Mason est diplômé de biologie. Il vit à San Francisco.
«Un roman qui sonne parfaitement juste.»
News Weekly
«Une incroyablement belle réflexion sur la pauvreté, la migration et les classes sociales, digne des Raisins de la colère de Steinbeck [...]. [Daniel Mason] pourrait bien être le prochain grand écrivain de notre époque.»
The Boston Globe
Les courts extraits de livres : 24/04/2007
À mesure que les jours passaient, ils surveillaient de près le ciel, accrochant leurs espoirs à de lointains nuages, des nuages qui avaient l'art de disparaître brusquement comme par magie. Ils prélevaient en les cassant des mottes de terre, les caressaient, les effritaient entre leurs doigts, faisaient rouler le limon chaud sur les callosités de leurs pouces, le goûtaient, lui parlaient; le cajolaient, lui demandaient pardon, le suppliaient. Un jour, un journaliste de la côte leur rendit visite. Il écrivit ensuite : Les paysans connaissent mieux la texture de leur terroir que leur propre visage. En écoutant la lecture publique à haute voix de l'article, un vieillard éclata de rire, Bien sûr ! Puisque je suis né ici, je suis trop pauvre pour m'acheter un miroir, et il n'y a jamais assez de pluie pour former une surface semblable à un étang.
À la tombée du jour, ils s'asseyaient devant leurs maisons et écoutaient le crépitement des branches sèches. Ils comptaient les jours écoulés depuis qu'ils avaient vu pour la dernière fois le tatou-orange, le faucon niché dans le grand arbre-qui-boit, la souris nocturne trottinant de-ci de-là dans la cour dénudée. Ils sortirent du fond des puits une boue épaisse. Ils la tordirent et la pressèrent dans leurs mouchoirs, la sucèrent et la jetèrent aux chèvres. Les chèvres mangèrent d'abord les plantes les plus vertes : les jujubiers, les fines feuilles pennées du mimosa, puis les frondes des cactus palmiers dont elles broyaient les rachis contre leur langue de cuir. Lorsqu'elles eurent dépouillé les arbres de leurs plus basses branches, elles se redressèrent et se mirent à marcher sur leurs pattes arrière comme les hommes. Des nuées d'oiseaux noircirent le ciel : les oiseaux migraient vers le littoral.