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Malika Ferdjoukh nous fait revivre l'histoire de Charles Pollak, petit garçon juif de 13 ans, plongé dans le Paris et la campagne occupés de la seconde guerre mondiale. Charles, grâce aux talents de tailleur de son père, survécut aux rafles nazies. Par les talents de conteuse de M. Ferdjoukh, nous découvrons les magouilles pour obtenir de la nourriture, les vraies et fausses amitiés avec les soldats, la rage de survivre de toute la famille Pollak, malgré les difficultés de la guerre et de la vie. Un très beau roman, sans pathos ni pitié ni descriptions d'horreurs. La guerre vue au travers des yeux d'un enfant.
Les présentations des éditeurs : 27/04/2007
«- Non... souffla mon père. Non, monsieur Lagneau. Je ne veux pas de supplément. Je... je ne veux pas d'argent du tout. M. Lagneau lui jeta un regard vif et curieux. Leurs yeux se croisèrent. Dans ceux de M. Lagneau, mon père ne vit rien qui pouvait lui faciliter les choses. Mais il ne vit rien qui pouvait lui nuire non plus. Il toussa pour gagner du temps. La petite alarme restait muette. Eugène nota seulement que, devant la cheminée éteinte, le mannequin était légèrement tordu en avant sur son socle, comme sur le point de prendre ses jambes à son cou. Il jeta son premier dé. Histoire de tâter Dame Chance par le pouls : - J'aurais besoin, dit-il très lentement, de refaire mes papiers. Les miens et ceux de ma famille. M. Lagneau se tourna vers le mannequin, le dévisagea, l'air de vouloir s'assurer que ce n'était vraiment personne. Il revint à mon père et demanda tout bas : - Vous êtes français, monsieur Eugène ? - Français, oui. J'ai mon décret de naturalisation. Le secrétaire de mairie se pencha, et, toujours chuchotant : - Eh bien, donc ? Pourquoi les refaire, ces papiers ? Vous n'êtes pas en règle avec les actuels ? - Si, si. Il nous faudrait la même chose, les mêmes papiers. Exactement. La même carte d'identité pour ma femme. La même pour ma fille Madeleine. Et pour mon fils André. Et le petit Charly. Oui, tout, tout pareil... Mais sans le tampon. M. Lagneau tapota le sol du bout du pied. Mon père glissa le pouce dans sa bretelle et, à cet homme dont il ignorait tout, hormis son tour de taille, son air aimable, et qu'il travaillait pour un maire désigné par Pétain, il répéta : - Les mêmes. Sans le tampon «Juif» dessus. Il leva la tête et chercha anxieusement quelque chose dans le regard du secrétaire de mairie. Quelque chose qui lui dirait qu'il ne venait pas de précipiter sa famille et lui-même droit sur la route du camp de concentration ou du peloton d'exécution.»