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.. Les chevaux du soleil : la saga de l'Algérie, 1830-1962

Couverture du livre Les chevaux du soleil : la saga de l'Algérie, 1830-1962

Auteur : Jules Roy

Date de saisie : 05/04/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Omnibus, Paris, France

Collection : Omnibus

Prix : 26.00 € / 170.55 F

ISBN : 978-2-258-07412-5

GENCOD : 9782258074125

Sorti le : 05/04/2007

Xavier Clion - 15/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 02/05/2007

«Voici contée, de 1830 à 1962, l'aventure commune de la France et de l'Algérie. Une aventure inouïe, majestueuse, qui infusa à notre pays un sang qui n'a pas fini de bouillir dans ses veines, car personne n'a jamais posé le pied en Algérie sans tomber amoureux du pays. Un rêve qui n'a pas fini de hanter les mémoires. Qui sait ? Un mirage. Une épopée aux répercussions imprévisibles, dans une famille qui ressemble à tellement d'autres dans les tempêtes, les exaltations et les avatars de plus d'un siècle. Une légende où tout est peut-être plus vrai que la réalité.»

Jules Roy

Jules Roy est né à Rovigo dans la plaine algérienne de la Mitidja le 22 octobre 1907 et s'est éteint à Vézelay le 15 juin 2000. Officier de carrière, aviateur, écrivain, il reçut le prix Renaudot en 1946 pour La Vallée heureuse, rompit avec l'armée en 1953, publia un pamphlet sur La Guerre d'Algérie en 1960 et consacra dix années de sa vie à la suite romanesque des Chevaux du soleil, dédiée «à ceux que rien n'a consolés de la perte d'un paradis comme à ceux qui ont conquis leur dignité par la douleur et la violence».
Présentation de Guy Dugas, professeur à l'université de Montpellier


  • Les courts extraits de livres : 02/05/2007

«Elle ne m'écoutait pas. Elle s'en allait.» La mère qui mettait le couvert approcha, une serviette dans les mains. «Où ?
- Je ne sais pas. Elle partait tout droit.
- Ah ! dit M. Paris qui avança, je ne veux pas de ça.
- Pourquoi ? demanda Hortense, en dressant soudain son visage inondé de larmes, et en rejetant une mèche sur le côté, d'un geste brusque.
- Parce que les filles ne s'en vont jamais toutes seules, dit la mère.
- Pourquoi ?
- C'est comme ça. Il y a les Arabes.
- Je vais bien avec Meftah.
- Meftah, ce n'est pas la même chose.
- On le connaît», dit Jean-Pierre en prenant sa soeur dans les bras et en posant des baisers sur ses joues.
Elle sourit. Elle aimait ce frère-là parce qu'il était beau et qu'une douceur l'illuminait. Aussi grand que le père, mais sans dureté, avec de petits plis de ruse en haut du nez et sur les joues. Les autres frères, Désiré et François, s'asseyaient, les yeux bouffis de sommeil et finissaient d'enfoncer leur chemise dans la ceinture. En ce début d'été, chaque soir, les trois fils prenaient la garde autour des meules, la fortune de l'année, et le père veillait une partie de la nuit avec eux.
Les Arabes, il fallait se méfier d'eux parce qu'ils avaient des moeurs barbares et ne respectaient rien. En tout cas, pas les filles. Philippine avait déjà expliqué cela à sa soeur et la gosse avait demandé pourquoi on était venu ici. Oui, pourquoi ? Eh bien, vingt hectares d'un seul tenant, alors que là-bas, à peine trois ou quatre. Ici, la terre toute neuve produisait deux fois plus, et elle n'était pas grasse et collante, «mouillante» comme on disait là-bas, où il fallait parfois attendre des jours et des jours, la pluie finie, pour la travailler. Chez les Arabes, les femmes vivaient à part. On disait que certains hommes en avaient autant que leur situation le leur permettait. Pas Meftah, naturellement. Il était trop pauvre. Pour les moissons, les Kabyles descendaient de leurs montagnes et la ferme était alors en état de siège. La mère seule avait le droit d'avancer jusqu'au poulailler. D'ailleurs, la mère disait que la femme de Meftah elle-même se barricadait dans son gourbi. Des sauvages, quoi.
«Assez de pourquoi, dit M. Paris. A table ! Un jour pareil, des pourquoi...»


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