Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Jim Harrison
Traducteur : Brice Matthieussent
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-267-01920-9
GENCOD : 9782267019209
Donald, métis Chippewa-Finnois de 45 ans, souffre d'une sclérose en plaques.
Prenant conscience que personne ne sera capable de transmettre à ses enfants l'histoire de leur famille après sa mort, il commence à la dicter à sa femme Cynthia. Il dévoile ainsi, entre autres, sa relation à un héritage spirituel unique et l'installation de ses aïeux dans le Michigan voilà trois générations. Pendant ce temps, autour de lui, ses proches luttent pour l'accompagner vers la mort avec la dignité qui l'a caractérisé toute sa vie.
Jim Harrison écrit sur le coeur de ce pays comme personne, sur le pouvoir cicatrisant de la Nature, le lien profond ente la sensualité et le spirituel et les plaisirs qui élèvent la vie jusqu'au sublime.
La voix la plus sensible, énergique et affolante, est bien sûr celle de Donald. Il va mourir d'une maladie incurable. Il dicte à sa femme son histoire. Ose pour la première fois se raconter, avouer son enfance de métis indien. Et là, comme toujours, Jim Harrison explose. D'une prose magnifique, il pleure sur le pays perdu, la nature oubliée, les hommes (ouvriers, Indiens) bafoués, et met en perspective les liens fragiles, presque occultes, qui unissent ou devraient unir les uns aux autres. Mais Retour en terre, malgré ses allures de testament, est tout entier bercé de sensualité, d'une mélancolie suave.
Trois ans après la saga «De Marquette à Veracruz», Jim Harrison reprend ses personnages et son décor du nord du Michigan pour une nouvelle histoire de deuil et de rédemption...
Comme dans le magnifique roman de Stewart O'Nan, Nos plus beaux souvenirs (L'Olivier), Jim Harrison pose avec subtilité les questions qui hantent ceux qui sont confrontés à la mort, à la disparition d'un être cher. Comment accepter l'inéluctable, comment vivre la déchirure ? Alors que chez nous la mort est aseptisée, froide, recouverte d'un monceau de décisions urgentes à prendre, de formalités à remplir, chez Harrison, elle est plus naturelle...
Roman du deuil, mélancolique et plein d'espoir, sensuel et sensible, Retour en terre est l'oeuvre d'un écrivain et d'un homme dépressif de 70 ans qui, on s'en réjouit, n'a pas renoncé à la vie.
Grand buveur, fine fourchette, sybarite ventripotent, Jim Harrison s'est forgé une réputation de matamore taillant à la machette une oeuvre aussi sauvage que les grizzlis du Far West. Mais il ne faut pas se fier aux clichés. Car ce baroudeur aux allures de cyclope a la fragilité d'un écureuil...
«J'ai simplement essayé, dira-t-il, de trouver ma place dans le monde en évitant ce dernier, ce qui signifie limiter ma présence ici-bas aux forêts et aux rivières.» Ces mots sont sans doute un autoportrait de Jim Harrison, qui signe un roman déchirant mais fabuleusement charnel, où se mêlent la sensualité et la mort, les tourments des coeurs et les jouvences de la vie sauvage. Comme si cet office des ténèbres se transformait peu à peu en un hymne à la joie, sous les caresses du vent.
1995
Allongé, je parle à Cynthia car c'est à peu près tout ce que mon infirmité me permet de faire. Nous habitons son ancienne maison à Marquette afin de rester à proximité des médecins. Son frère David vit d'habitude ici, mais il s'absente souvent pour jeter un coup d'oeil à diverses parties du monde, surtout au Mexique. Cynthia et moi nous sommes enfuis au cours de notre adolescence, avant de nous marier, et la voilà revenue à son point de départ. Clarence, mon père, a travaillé comme jardinier pour la famille de ma femme durant une trentaine d'années. Mon lit se trouve dans le bureau de son père, car je n'arrive plus à monter l'escalier. Un des murs du bureau est couvert de livres, une échelle mobile permet d'atteindre les étagères supérieures. Cynthia affirme que son frère vit à l'intérieur de ces livres et qu'il n'en est jamais vraiment sorti. J'ai quarante-cinq ans et il semble que je doive quitter cette terre de bonne heure, mais ce sont des choses qui arrivent.
Je ne maîtrise pas assez bien la langue anglaise pour décrire mes pensées, mes souvenirs ou toutes mes émotions liées à la maladie, si bien que je m'adresse à Cynthia [J'interviens le moins possible. Cynthia], car elle désire que nos deux enfants apprennent quelque chose sur l'histoire de la famille de leur père.
Il y a eu trois générations de Clarence, mais à ma naissance mon père s'est dit que ce prénom ne leur avait pas vraiment porté chance et on m'a donc appelé Donald, en souvenir d'un de ses jeunes amis mort accidentellement au fond de la mine, près d'Ishpeming. Le premier Clarence, ainsi prénommé à cause d'un prêtre jésuite missionnaire auprès des Indiens du Minnesota, attendit la cinquantaine pour devenir père, car ce monde lui inspirait peu de certitudes. Il avait essayé de s'installer dans l'est du pays en 1871 parce que sa mère lui avait parlé des immenses forêts de la Péninsule Nord. Une partie de la famille de cette femme avait quitté cette péninsule pour s'en aller vers l'ouest et le Minnesota, car les Blancs affluaient dans la péninsule de Keweenaw où l'on avait trouvé du cuivre. Elle appartenait à la tribu des Chippewas (Anishinabe), mais elle coucha avec un immigrant qui venait de rejoindre la région de Pipestone dans le sud-ouest du Minnesota. Cet homme arrivait d'Islande et un groupe de ses concitoyens était venu jusque-là pour cultiver cette excellente terre. À l'époque on menait la vie dure aux Indiens, car les Sioux avaient massacré un groupe de paysans près de New Ulm et les colons se méfiaient de tous les Indiens jusqu'au dernier. La mère du premier Clarence mourut ainsi lorsque son fils avait douze ans et il ne connut jamais son père.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia