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_ L'immortel : 22 balles pour un homme

Couverture du livre L'immortel : 22 balles pour un homme

Auteur : Franz-Olivier Giesbert

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Policiers

Editeur : Flammarion, Paris, France

Collection : Flammarion noir

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-08-120348-8

GENCOD : 9782081203488

Claire Lamarre - 16/05/2007


Hélène Lausseur - 15/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 04/05/2007

Un homme est laissé pour mort dans un parking avec 22 balles dans le corps.
Contre toute attente, il ressuscitera avant de se venger de ses ennemis. C'est l'histoire d'un Monte-Cristo des temps modernes, un suspense inspiré de faits réels mais où tout est inventé, au coeur du Milieu marseillais. Dans ce roman dont Marseille est le héros, toute ressemblance avec des personnages ayant existé n'est pas toujours fortuite. L'auteur a fait du vrai avec du faux et du faux avec du vrai.
C'est pourquoi, ici, tout est vrai et tout est faux, comme dans les livres, comme dans la vie, comme en Provence.

Franz-Olivier Giesbert est l'auteur d'une quinzaine de livres dont des essais, comme La tragédie du Président, publié en 2006, des romans, comme Le Sieur Dieu, ou des récits, comme L'Américain.



  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 22 juin 2007

Sur fond de guerre des gangs, avec son lot de mauvais garçons en tout genre, de vengeances et de trahisons, sans oublier l'inévitable jolie commissaire, L'Immortel est (bien) construit comme un polar classique, agréable à lire, avec ce qu'il faut de suspense pour convaincre le lecteur de ne pas le lâcher en chemin. Portrait du Milieu marseillais, c'est aussi - surtout - un livre attachant sur Marseille, avec ce qu'il faut d'emphase locale.


  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 10 mai 2007

Et là, le critique ne peut éviter de se poser la question d'une oeuvre qui moissonne si rouge qu'on a le sentiment de descendre les cercles de l'enfer. La bestialité, la frénétique ronde des personnages qui passent la ligne du vice et de l'abjection donnent le vertige. On est attiré sournoisement vers les questions métaphysiques alors qu'on croyait être sur le terrain solide du polar bien ficelé. On déambule dans un monde de dessous, souterrain, écrasé. Nous sommes perdus dans les hangars du mal. Pourquoi cette oeuvre, surtout depuis «L'Américain», récit autobiographique de l'enfance de l'auteur, donne-t-elle l'impression de cacher dans ses replis une lancinante interrogation sur le mal, la chair putréfiée, une écrabouillerie finale ?...
La prose, hachée, dure, ardente, cogneuse, fait songer à une puissante catharsis. On sursaute devant la nervosité lyrique du ton, un jappement, une franchise, des hardiesses. Le temps, les horloges, la maladie, les hantises sont happés dans une seule chute. Cronos lui-même bouffe ses enfants à pleine chair ! Livre-brèche poussé dans le ravin pour y empiler ses personnages. Le dandinement d'automate des tueurs marseillais et leurs embardées de marionnettes vicieuses les poussent vers un tableau de Goya, celui où l'on voit des Espagnols en pyjama blanc, éblouis, dans le feu du peloton d'exécution de soldats napoléoniens. On a alors changé de registre.


  • La revue de presse Etienne de Montety - Le Figaro du 10 mai 2007

Franz-Olivier Giesbert s'essaie au polar en s'inspirant d'un fait divers qui défraya la chronique marseillaise...
L'Immortel est un roman noir comme il en fleurit cent dans les gares au rythme des trains qui passent, pensera le lecteur hâtif. À un détail près, il est rédigé par un écrivain de sang, et griffé de sa marque, inimitable...
Chez Giesbert, l'être humain se définit par un agrégat de cellules en cours de désintégration, quelques litres de sang et d'eau. On en demande pardon au lecteur qui parcourrait cet article en se restaurant, sueur, croûtes d'eczéma, haleine de chacal sont au menu de L'Immortel. C'est la misère de l'homme qui s'étale ici. Elle rend ses faiblesses bien pardonnables. Chez Giesbert, les caïds ne sont que de pauvres bougres dont l'empire est fragile, que la première brise de mer emporte. Romancier de la matière brute, il n'aime rien tant que la fragilité, écrivain du soleil, rien tant que l'ombre.


  • La revue de presse Jean-Marie Pontaut - L'Express du 3 mai 2007

En vérité, le personnage principal du livre, c'est Marseille. La cité phocéenne inspire à Franz-Olivier Giesbert un amour passionné et les plus belles pages de son roman, par exemple la description des petits villages du Vallon-des-Auffes ou des Goudes, le long de la Corniche. Mais, attention, cette ville, farouche et complexe, sauvage et généreuse, ne se livre pas facilement aux «estrangers».


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

Les canards du bois de Boulogne

«La vie, ça finit toujours par devenir mortel.»
Jehan Dieu de la Viguerie

Le corbeau se dandinait dans l'herbe en surveillant son quatre-heures du coin de l'oeil. Un caneton qui restait toujours éloigné de sa mère. L'insouciance et l'innocence incarnées. Il avait trois jours tout au plus mais déjà un jabot à avaler les mares et les poissons. Tout lui faisait ventre. C'est pourquoi il traînait.
Sa mère l'appelait de temps en temps. Elle avait beau­coup à faire avec ses sept petits. Ils nageaient en tous sens sur le cours d'eau argenté qui serpentait entre les lacs du bois de Boulogne. On aurait dit que le monde leur appartenait. Mais aucun ne prenait autant de risques que le futur quatre-heures du corbeau.
Le caneton s'était approché dangereusement du bord et s'apprêtait à grimper sur la terre ferme pour engloutir le papillon jaune qui le narguait. C'était le moment, c'était l'instant. Tendu comme un arc, le corbeau s'élançait pour décoller quand il reçut un morceau de silex qui le fit tomber à la renverse. Même pas le temps de se relever. Une autre pierre le plaqua au sol et une troisième lui écrasa la tête.
Franck Rabou afficha un sourire de satisfaction. Déci­dément, il avait la main. C'était son troisième corbeau de la journée. Encore quelques semaines à ce rythme-là et le bois de Boulogne, qui était infesté de cette racaille ailée, redeviendrait ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être, si les autorités avaient fait leur travail : un havre de paix pour les canetons.
Il allait examiner de près sa dernière victime quand il aperçut quelqu'un passer dans les fourrés, devant lui. Il n'y prêta pas attention et donna un léger coup de pied au corbeau pour vérifier qu'il était bien mort. Mais non, il bougeait encore. Franck Rabou posa donc le pied sur la tête du volatile et effectua plusieurs mouvements circu­laires dessus afin de la lui broyer. Il allait s'arrêter pour constater l'étendue des dégâts infligés à l'oiseau quand il revit la personne de tout à l'heure, dans le clair-obscur du bois. De face, cette fois. Il la reconnut tout de suite.
C'était la mort. Qu'est-elle, en effet, sinon quelqu'un qui vient vous chercher, un beau jour, alors que vous êtes en train de vaquer tranquillement à vos occupations ? Vêtu d'un jean troué et d'un blouson de cuir noir, l'homme semblait avoir un rendez-vous, ou attendre un taxi. Apparemment, il avait tout son temps. Il chantonnait «L'apertura» de Nabucco de Verdi. Franck Rabou ne pouvait voir son regard mais, resté dans l'ombre, il pouvait l'imaginer. Un regard comme un canon de fusil.


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