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_ Fondations philanthropiques en Europe et aux États-Unis

Couverture du livre Fondations philanthropiques en Europe et aux États-Unis

Auteur : Mattei Dogan | Kenneth Prewitt

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Maison des sciences de l'homme, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7351-1141-1

GENCOD : 9782735111411

Xavier Clion - 15/05/2007


Claire Lamarre - 09/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 03/05/2007

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils réussi plus rapidement que ne l'a fait l'Europe à développer leurs capacités économiques, technologiques et scientifiques ?
Une des réponses surprenante est le rôle qu'ont joue les fondations dans la société américaine, et leur place beaucoup plus modeste en Europe. Par ailleurs, bien que l'économie américaine soit plus libérale que l'économie mixte des pays européens, les fondations philanthropiques ont considérablement réussi à réduire les inégalités. D'un côté de l'Atlantique, c'est plutôt l'Etat qui fait écran, de l'autre, c'est plutôt l'économie libérale. Mais dans les deux cas, les fondations philanthropiques jouent des fonctions salutaires comme le montrent les divers chapitres de ce livre.
Il traite de la légitimité des fondations dans les démocraties avancées des deux côtés de l'Atlantique, qui remplissent de multiples fonctions face à l'Etat : rôle de complémentarité, rôle de substitution, rôle de redistribution sociale, de promotion du pluralisme et d'innovation. La légitimité des fondations repose sur leur capacité d'intervenir dans les secteurs ou l'Etat ou le marché ne peuvent ou ne veulent intervenir.
Comparer le rôle des fondations en Europe et aux Etats-Unis veut dire échanger des analogies contre des différences. Cette comparaison n'est pas aisée car dans ce domaine des fondations, «le nouveau continent» a une histoire beaucoup plus ample que «le vieux». On constate néanmoins des deux côtés une redistribution verticale et une redistribution horizontale des ressources dont disposent les fondations. L'ouvrage analyse ces deux redistributions et leurs conséquences dans divers domaines, notamment la protection des catégories sociales «oubliées» et le rôle de tremplin que jouent les fondations dans le progrès technologique et scientifique.

Les auteurs :
Helmut Anheier, Yannick Blanc, Pierre Buhler, Siobhan Daly, Mattei Dogon, Peter Frumkin, Giuliana Gemelli, Kirsten A. Gmnbjerg, David C. Hammack, Diana Leat, Kenneth Prewitt, Rupert Graf Strachwitz, Steen Thomsen, Stefan Toepler, Julian Wolpert.


  • Les courts extraits de livres : 03/05/2007

Transformation sociale (social change)

Ce type de fondation se voit comme porteur de transformation sociale, soit directement, soit en soutenant d'autres organisations vouées à l'amélioration des conditions sociales. C'est pourquoi les oeuvres publiques des fondations diffèrent consciemment et délibérément de la charité et de la prestation de services caractérisant le travail de nombre d'organismes à but non lucratif.
Une métaphore familière, du moins dans la tradition américaine, est celle du «root cause» (cause à la racine), rendue célèbre par John D. Rockefeller. En établissant ses philanthropies, Rockefeller ([1909] 1984 :110) commentait : «Je ne crois pas en l'utilité de donner de l'argent aux mendiants dans la rue, mais ce n'est pas là une raison pour se croire dispensé de faire quelque chose pour combattre la situation que le mendiant représente.» Donner de l'argent au mendiant constitue un acte de charité, l'offre d'un soulagement temporaire. La philanthropie, au contraire, ou «scientific giving» (don scientifique) selon Rockefeller, change les conditions qui sont à l'origine de la mendicité. La charité nourrit l'affamé, soigne le malade, abrite le sans-abri, mais parce qu'elle ne peut pas changer les causes de la faim, des maladies, ou de la pauvreté, elle n'est pas en mesure d'arrêter le flot des démunis. «La meilleure philanthropie» écrivait Rockefeller, «implique la recherche de causes, la tentative de soigner les fléaux à leur source» (cité dans Fosdick 1952 : 22). Voilà formulée avec les mots de Rockefeller la métaphore, à juste titre célèbre, de root cause, que la littérature sur les fondations présente désormais comme «systemic social change» (changement social systémique) ou «stratégie philanthropy» (philanthropie stratégique).


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