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Auteur : Xavier Hascher
Date de saisie : 20/04/2007
Genre : Musique, Chansons
Editeur : Publications de la Sorbonne, Paris, France
Collection : Esthétique, n° 10
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-85944-575-1
GENCOD : 9782859445751
Sorti le : 20/04/2007
Claire Lamarre - 16/05/2007
Xavier Clion - 15/05/2007
Né il y a plus de deux cents ans, Schubert est un compositeur qui ne finit pas de séduire et de fasciner les amateurs et les amoureux de musique. Mais Schubert n'en a pas fini non plus d'intriguer les musicologues, tant par son existence brève et mystérieuse, dont on sait à la fois beaucoup et trop peu de choses, que par sa production surabondante, dont l'originalité précoce dans tous les domaines est irréductible à la tradition de ses grands devanciers. À présent admis au panthéon des maîtres viennois aux côtés des modèles qu'il avait lui-même tant admirés, Mozart, Haydn et Beethoven, Schubert marque néanmoins le début d'une nouvelle époque dans l'histoire de la musique. Sa musique instrumentale, longtemps incomprise et réduite à quelques oeuvres phares, nous apparaît de nos jours comme un pan essentiel de son oeuvre, que ce soit sous l'angle de la forme, de l'art de la composition, ou de l'expression.
À la croisée des deux tendances fondamentales de la musicologie, la branche historique et la branche analytique, ce volume contient près de vingt contributions, où la recherche internationale est largement représentée, faisant le point tant sur l'état actuel des connaissances, que sur celui des interrogations. Il aborde les questions des influences et du contexte dans lequel travaillait Schubert, celles de sa technique compositionnelle, de l'organisation et de la signification dramaturgique de l'oeuvre, mais aussi les problématiques analytiques et théoriques posées par cette dernière, ainsi que la question particulière - et, dans le cas de Schubert, particulièrement aiguë, - de l'inachèvement.
Xavier Hascher enseigne la théorie musicale et l'analyse à l'université Marc-Bloch de Strasbourg, dont il a dirigé le département de Musique (institut de Musicologie) de 2000 à 2005. Il est l'auteur de deux ouvrages sur la musique de Schubert : Schubert : la forme sonate et son évolution (Peter Lang, 1996), et Symbole et fantasme dans l'adagio du Quintette à cordes de Schubert (L'Harmattan, 2005). Il a également réalisé la révision de la nouvelle édition du Schubert raconté par ceux qui l'ont vu de J.-G. Prod'homme (Stock, 1928, 1997).
On sait qu'à l'époque classique, la polarité tonique-dominante est devenue l'élément structurel par excellence de la forme sonate, appuyée sur le système tonal. Il y a donc une logique «naturelle» - ou perçue comme telle en tant que donnée pré-compositionnelle fondamentale du système - à mettre en oeuvre dans ce cadre, qui est celle du rapport de quinte. Notons bien que si Beethoven avait eu l'occasion de faire appel au rapport de tierce - médiante ou sous-médiante - dans ses mouvements de forme sonate, il ne bouleversait pas pour autant la polarité tonique-dominante, car ce rapport fonctionnait avec lui en tant que substitut du précédent. Or, comme l'a montré Xavier Hascher, l'incidence du rapport de tierce aux dépens de celui de quinte dans les mouvements de forme sonate de Schubert remet quant à elle en cause la dimension fonctionnelle du système tonal, diluant ainsi le dramatisme de la forme.
On observera alors que, s'agissant de son application dans la symphonie, ce phénomène prend un relief particulier. En effet, lorsque à partir de Beethoven la symphonie est devenue la forme architecturale par excellence, celle dans laquelle un compositeur fait le choix de se situer dans la longue durée, la perception de l'unité du morceau principal constitué normalement par le premier mouvement de forme sonate ne va pas de soi si l'auteur ne crée pas les conditions de sa «lisibilité»8. Dès lors, l'incidence de ce rapport dans les premiers mouvements de forme sonate chez Schubert introduit une rupture saisissante par rapport à la logique «naturelle» - ou, encore une fois, perçue comme telle - du système tonal, car elle remet en cause de façon particulièrement sensible la dimension fonctionnelle qu'il a alors acquise et, de ce fait, le dynamisme de la forme.
C'est sans doute dans le premier mouvement de la célèbre Symphonie inachevée D759 (où l'on passe de si mineur à la région de la sous-médiante sol majeur) que ce qui vient d'être décrit se traduit de la façon la plus familière chez Schubert. Il demeure qu'on le rencontre ailleurs, et avant : ainsi, la Symphonie tragique D417 exploite déjà la sous-médiante dans le cadre du rapport do mineur-la bémol majeur, tandis que la Septième et la Neuvième Symphonie (D729 et D944, «la Grande») font appel à la médiante (respectivement dans le cadre du rapport mi majeur-sol majeur et do majeur-mi mineur).
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