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Auteur : Monique Pantel
Date de saisie : 02/05/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Anne Carrière, Paris, France
Collection : Récit
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-84337-467-8
GENCOD : 9782843374678
Sorti le : 02/05/2007
Claire Lamarre - 16/05/2007
Xavier Clion - 15/05/2007
Dans le Paris des années soixante, une jeune provinciale rencontre un écrivain vieillissant. Elle est «inachevée», lui vit en marge des honneurs. Ensemble, ils vont passer trois années à flâner au gré de leur fantaisie. «II trouvait que je marchais à cloche-pied. Alors, il s'était mis à boiter. Enfin, pas toujours. Seulement quand il m'aimait.»
Jacques Audiberti, se sachant condamné, s'occupe de Monique et lui trouve un métier. Grâce à lui, elle devient journaliste à Paris-Presse. Sa spontanéité, sa fraîcheur, sa gaieté lui ouvrent toutes les portes ; elle interviewe les plus grands et devient leur amie.
Un livre drôle, tendre, chaleureux, qui donne envie d'aimer la vie.
Monique Pantel a été journaliste à France-Soir pendant 35 ans, très appréciée pour ses interviews impertinentes d'acteurs et de metteurs en scène de cinéma. Elle intervient tous les vendredis, dans l'émission de Laurent Ruquier sur Europe 1, pour se livrer à la critique des nouveaux films.
Le soir vint, les soirs viennent toujours, et avec eux la question inévitable :
«Comment cette belle journée va-t-elle se terminer ?»
Tout d'un coup, j'avais peur. Et s'il me laissait partir, et s'il me renvoyait à mon destin de réceptionniste myope, sans lunettes et sans compétences ? Je n'étais plus sûre de notre connivence. Il faisait noir et j'ai toujours le cafard le soir.
Il marchait, le pas allègre. Il avait l'air rassuré. Par quoi ? Par qui ? Peut-être par moi. Au lieu de me renvoyer à l'hôtel des Alliés, où j'occupais une chambre durant mon séjour à Paris, il me dit : «J'ai rendez-vous avec un ami au Cercle Rive gauche. Voulez-vous venir ?»
Oh, comme je voulais ! Ce fut portée par les anges que j'arrivai dans cet endroit sombre et chic où, me dit Audiberti, les grands fauves parisiens venaient se désaltérer le soir. Pour le moment, il avait rendez-vous avec un jeune loup, Claude Nedjar.
«Claude, je vous présente Monique, la dactylo que m'a envoyée ce matin l'agence d'intérim.
- Bonsoir», dit Nedjar en me toisant. Si sa voix avait été un couteau, je serais morte assassinée sur-le-champ. Sans plus s'occuper de moi que si j'avais été un fauteuil ou une table, il parla à Audiberti de gens que je ne connaissais pas faisant des choses que je ne comprenais pas. Il était jeune, enfin à peu près mon âge, et il avait l'air de s'occuper de très près de la vie d'Audiberti. Après une heure d'une conversation à endormir une mouche tsé-tsé, il dit : «Jacques, si nous allions dîner ?
- Volontiers, répondit Audiberti, ajoutant : venez, Monique.»
Nedjar bondit : «Quoi ? Vous voulez aller dîner avec cette dactylo intérimaire ? Vous connaissez ce genre de filles !»
Je me sentis mal, très mal. Si Audiberti ne réagissait pas, il ne me restait qu'à mourir, ce qui était triste à vingt-huit ans. Mais il réagit, oh ! comme il réagit bien !
Blanc comme un fantôme, il dit d'une voix qui, si j'avais été Nedjar, m'aurait glacée :
«Je ne veux plus jamais vous revoir de ma vie.» Et, se tournant vers moi : «Partons.»
J étais vengée, et avec moi toute la profession des dactylos intérimaires. Nedjar resta sans doute K.-O.
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