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.. Bonne à rien

Couverture du livre Bonne à rien

Auteur : Amandine Cornette de Saint Cyr

Date de saisie : 02/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Anne Carrière, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84337-454-8

GENCOD : 9782843374548

Sorti le : 02/05/2007

Xavier Clion - 15/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 05/05/2007

Je détestais attendre.
Je n'avais pas le temps d'attendre.
A vingt-six ans, je ne voulais pas passer l'épreuve du énième stage pour décrocher un CDD, ni celle du CDD à répétition pour enfin obtenir un CDI.
En revanche, j'aurais bien aimé brûler ces étapes fastidieuses en épousant un célèbre animateur, mais il venait, à l'instant, de briser mon rêve, celui de l'assistante amoureuse de son supérieur.

Amandine Cornette de Saint Cyr a trente et un ans.
Bonne à rien est son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 05/05/2007

«Réveille-toi, maintenant !»

Depuis quelques mois, les journées interminables durant lesquelles j'attendais tout, tout en n'entreprenant rien, étaient rythmées par deux moments cruciaux : celui, douloureux, où je me levais et celui, apaisant, où je me couchais.
Encore plongée dans ma léthargie, j'entendis la voix furieuse de mon père crier derrière la porte de ma chambre :
- Anne ! ! ! Réveille-toi, maintenant ! Il est 11 heures. Ta mère et moi voudrions te parler !
J'ouvris péniblement un oeil, maudissant sa manie de me tirer de mon sommeil comme il le faisait chaque matin pour que j'aille à l'école. À 7 heures tapantes, posté au pied de mon lit, il retirait brutalement ma couette, la déposait hors de portée afin que, transie de froid, je finisse par me lever. Puis, dans une cuisine sombre et glaciale, il m'installait, encore tiède et molle, devant une tartine beurrée et un bol de chocolat, tout en me rabâchant : «Tu n'as toujours pas rangé ta chambre. C'est un véritable champ de bataille !» Je fai­sais la sourde oreille, bien sûr. Et quelle n'était pas ma surprise, en arrivant en classe, de trouver pêle-mêle dans mon cartable les cadavres de mon Waterloo : pots de yaourt poisseux, ma chemise de nuit roulée en boule, et enfin ma petite culotte, qu'il avait glissée, en prime, entre les pages d'un de mes livres !
La tête enfoncée dans l'oreiller, je sortis mon bras hors de la couette pour chercher à tâtons mon jean et mon t-shirt, négligemment lancés, la veille, sur la moquette. Je me levai, les enfilai et passai une main dans mes cheveux mous, tout en jetant un regard furtif sur le miroir de la porte qui me renvoya ma pauvre mine aussi chiffonnée que mes vêtements.
Tel Casper, le gentil fantôme, je me dirigeai au radar dans le long couloir qui menait au salon, et au bout duquel je perçus un rai de lumière. Dans la pièce, mon père, les traits sévèrement tirés, était assis sur la banquette Louis XV, entre deux portraits d'aïeux, ma mère debout à ses côtés.
Pieds nus sur le parquet, au milieu de la pièce, je restai là, l'esprit embrumé, ne sachant pas où me mettre, comme d'habitude. Je craignais le pire.


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