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Auteur : Jacques Lambert
Préface : Claude Duneton
Date de saisie : 20/04/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Table ronde, Paris, France
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-7103-2934-3
GENCOD : 9782710329343
Sorti le : 20/04/2007
Charlotte Etasse - 01/06/2007
Xavier Clion - 15/05/2007
Un peintre maudit parmi les siens
Peintre montmartrois, Gen Paul ? Certainement, puisqu'il a passé sa vie entière à quelques centaines de mètres de la place du Tertre... Peintre montmartrois, donc, sans artifices folkloriques et, surtout, peintre à vocation internationale, puisqu'il a beaucoup voyagé (États-Unis, Espagne, Allemagne, Italie, Suisse, Algérie...) et que ses oeuvres, aujourd'hui encore, se vendent aussi bien en France qu'à l'étranger.
Gen Paul (1895-1975) a vécu dans une bohème qui était celle des artistes de la Butte, même quand, après avoir connu une grande pauvreté et maintes souffrances, il s'est hissé au sommet de la notoriété par son travail et son talent. Pas de contrainte, sinon celle du perfectionnisme ; pas de guide, sinon celui de l'instinct ; pas de dépendance, sinon celle de l'alcool ; pas d'interdit, sinon celui de la conscience... Un goût de la liberté qui lui a valu un compagnonnage exceptionnel. Des admirateurs, connus ou inconnus, qui ont aimé, parfois supporté, un personnage hors du commun, grand mutilé de guerre, drogué, alcoolique, irascible, provocateur, cabotin, hâbleur, rancunier, jouisseur, perspicace, généreux, paternel...
Gen Paul ? Un aristocrate du peuple qui traverse le temps et l'espace sans renoncer à sa terre montmartroise.
Journaliste, amateur d'art et collectionneur, Jacques Lambert a consacré sa vie professionnelle aux différentes disciplines de l'information et de la communication. Il est lauréat de l'Académie des sciences morales et politiques et membre d'un jury littéraire franco-belge.
Jacques Lambert signe une biographie de Gen Paul, peintre montmartrois, ours mal léché, provocateur, ami de Céline et de Marcel Aymé...
Fresque captivante, la biographie de Jacques Lambert est un témoignage de la vie artistique de la fin du siècle dernier : peintres, écrivains, comédiens ont envahi chaque semaine la cour et l'atelier de la petite maison de l'avenue Junot. On devine l'empathie de l'auteur pour son peintre. Il porte un jugement sévère sur l'oubli dont est victime l'oeuvre de Gen Paul, essentielle, selon lui. En 1975 Le Figaro titrait : «Gen Paul, dernier monstre sacré de Montmartre, a quatre-vingts ans aujourd'hui.» Il est mort le 30 avril suivant. On a pleuré l'autodidacte inclassable d'un petit monde qui n'est plus.
Louis Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline
Un homme va réussir à faire entendre raison à Gen Paul en brandissant le risque d'une mort prochaine. Cet homme est le Dr Louis Destouches, qui lui prescrit un régime alimentaire rééquilibrant : steak grillé, salade d'endives arrosée d'un filet de citron et d'un filet d'huile d'olive, yaourt ou fruit, eau minérale à tous les repas.
Par peur de mourir prématurément, Eugène suivra ce régime tout au long de sa vie. Avec quelques variantes (il aime les côtes de mouton) et, surtout, avec de nombreuses exceptions. Au restaurant et, plus tard, dans certains cabarets, le bordeaux et le Champagne remplaceront l'eau minérale. Quand Gen Paul et le Dr Destouches font-ils connaissance ?
Deux versions, ici, s'opposent. Le peintre a toujours affirmé qu'il avait rencontré Céline en 1932 (sans préciser le mois, mais vraisemblablement en septembre ou en octobre), et cette date a été reprise dans toutes les chronologies relatives à la vie du peintre. Un professeur et chercheur, Eric Mazet, qui a étudié de près la destinée de Céline, soutient quant à lui que ce dernier a rencontré Gen Paul seulement en 1934. Il fonde son affirmation sur le fait que, ayant consulté toute la correspondance qu'échangeait Céline avec le peintre-décorateur Henri Mahé, il n'a jamais lu, avant 1934, le nom de Gen Paul sous la plume de Louis-Ferdinand. Or celui-ci racontait à Mahé, par le menu, toutes ses nouvelles rencontres : dans ces lettres, le nom de Gen Paul n'apparaît qu'à partir de 1934.
À l'appui de cette thèse, une lettre, datée de 1934, qu'adresse Céline à son éditeur américain de Boston :
«Comme vous insistez pour que je paie six dollars, je vous envoie à la place un beau portrait de moi (douze gravures originales d'une valeur de 25 dollars au moins pièce) par un artiste parisien de talent, Gène Paul. Ainsi, nous serons quittes.»
La façon dont L.-F. Céline évoque Gen Paul et la faute qu'il commet en écrivant son pseudonyme montrent en effet qu'il connaît le peintre depuis très peu de temps.
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