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.. Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904

Couverture du livre Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904

Auteur : Sigmund Freud

Traducteur : Françoise Kahn | François Robert

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Bibliothèque de psychanalyse

Prix : 59.00 € / 387.01 F

ISBN : 978-2-13-056279-5

GENCOD : 9782130562795

François Robert - 05/06/2007


Hélène Lausseur - 15/05/2007


Xavier Clion - 14/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 10/05/2007

Freud fait la connaissance de Fließ, médecin et rhinologue berlinois, à l'automne 1887 ; il a 31 ans, Fließ 29 ans. De leur amitié naît une correspondance qui s'étendra sur près de dix-sept ans, et dont seules ont été conservées les lettres de Freud. Ces lettres, publiées ici dans leur intégralité, se lisent comme un journal intime, dans lequel Freud livre des notations, tendres, cyniques ou drôles, sur ses patients, ses enfants, ses voyages, et aussi sur ses humeurs, ses doutes et ses propres symptômes.
Mais Fließ n'est pas seulement le confident et le médecin, il est l'interlocuteur privilégié que Freud a choisi d'associer à sa recherche sur les névroses et la sexualité, le rêve et l'inconscient. Passage de la neurologie à la métapsychologie (dont témoigne le «Projet d'une psychologie» placé ici en fin de volume), la théorie de la séduction, auto-analyse, élaboration de L'interprétation du rêve et d'une nouvelle «théorie sexuelle» : cette correspondance est la chronique de l'invention de la psychanalyse.

Edition complète établie par Jeffrey Moussaieff Masson
édition allemande rev. et augm. par Michael Schröter
transcription Gerhard Fichtner
traduit de l'allemand par Françoise Kahn, François Robert


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

Lettre 3 - 4 février 1888

Vienne, 4. 2. 1888

Très honoré confrère et ami,
Je vous prie d'antidater cette lettre quand vous la recevrez, j'aurais dû l'écrire depuis longtemps, je n'y suis pas arrivé en raison du travail, de la fatigue et des jeux avec ma fille. Il faut d'abord que je vous donne quelques nouvelles de la femme du Dr A., dont la soeur se trouve en ce moment chez vous. Son cas s'est élucidé fort simplement : c'est une neurasthénie cérébrale commune, ce que les doctes appellent hyperémie endocrânienne chronique. Les choses étaient de plus en plus claires, la galvanisation et les demi-bains apportaient une amélioration constante ; je pensais la remettre complètement sur pied grâce à un travail musculaire... quand quelque chose d'inattendu se produisit, elle n'eut pas ses règles, peu après son état empira, aux règles suivantes il n'y eut pas de traitement non plus, et en ce moment son état, bien qu'il ne soit pas très bon, permet d'avoir beaucoup d'espoirs. Pour ma part, j'aurais volontiers poursuivi le traitement, mais je sens que son succès n'est pas suffisamment assuré pour aller contre l'anxiété de cette femme, de toute sa famille, et contre l'opinion de Chrobak ; je me suis donc rallié à ceux qui prophétisent que d'ici quatre mois l'affaire s'arrangera d'elle-même, et je garde secrets les sérieux doutes que j'ai à ce sujet. Connaissez-vous des cas montrant l'influence de la grossesse sur de telles neurasthénies ?
Je suis peut-être en partie responsable de ce nouveau citoyen du monde. J'ai tenu une fois, devant cette patiente, non sans intention, des propos fort sévères sur la nocivité du coitus reservatus. Je me trompe peut-être.
Pour le reste, cher ami, il y a peu à dire. Ma petite Mathilde pousse très bien et nous amuse beaucoup. Ma clientèle qui, comme vous le savez, n'est pas très importante, s'est agrandie quelque peu ces derniers temps grâce au nom de Charcot. La voiture coûte cher ; faire des visites et parler aux gens pour les persuader et les dissuader, ce qui constitue l'essentiel de mon activité, tout cela me dérobe le meilleur de mon temps de travail. L'anatomie du cerveau est au repos, mais l'hystérie avance et la première mouture est terminée.
Nos chers chrétiens manquent passablement de décence. Hier, il y a eu un grand scandale à la Société des médecins. Ils voulaient nous contraindre à nous abonner à un nouvel hebdomadaire qui est censé affirmer le point de vue épuré, juste et chrétien de quelques conseillers auliques qui ont depuis longtemps oublié ce que c'est que travailler. Naturellement, ils vont arriver à leurs fins ; j'ai bien envie de démissionner.
Il faut que je me dépêche d'aller à une consultation parfaitement superflue avec Meynert. Portez-vous bien et donnez-moi quelques nouvelles de vous par écrit un de ces dimanches.

Votre fidèlement dévoué,
Dr Sigmund Freud


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