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_ En haut des marches

Couverture du livre En haut des marches

Auteur : Fabrice Pataut

Date de saisie : 01/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction et Cie

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-02-088618-5

GENCOD : 9782020886185

Sorti le : 01/03/2007

Claire Lamarre - 16/05/2007


Xavier Clion - 14/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 10/05/2007

Antoine, devenu Dorine, retourne dans la maison de famille dont il a hérité avec son petit frère, en Normandie. Il se souvient d'un été pluvieux et venté, trente ans auparavant, qui a bouleversé sa vie. Adolescent, il passait les vacances avec ses parents, lorsque Bérénice les avait rejoints : elle était la meilleure amie de sa soeur Catherine, morte accidentellement.
Le narrateur, dans sa solitude, est livré au vertige de posséder deux vies. Les silences remontent, les vérités éclatent avec une calme violence, derrière des phrases en apparence anodines.

Fabrice Pataut, né à Paris en 1957, est l'auteur de deux romans, (Aloysius, 2001, Tennis, socquettes et abandon, 2003) et d'un recueil de nouvelles (Trouvé dans une poche, 2005, Prix de la Nouvelle de l'Académie française), tous parus chez Buchet/Chastel.


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

Ne vous méprenez pas. Je n'essaie rien, ne veux rien sinon vous confier par là que j'ai su que je vous aimais avant le premier instant, avant le petit coup de patte, avant de me laisser aller doucement contre vous. Mieux encore : j'ai su sans même avoir rien fait, alors que je n'avais pas encore dépassé la marche de l'escalier qui permet le coup d'oeil panoramique sur la pièce du bas. (Elle grince plus que les autres. Chacun s'en sert pour épier, surveiller, rapporter.) En tout cas, je n'aurais pas été moins ignorant, ni même attendu le lendemain pour en arriver là si on avait trouvé un prétexte pour me faire remonter, si je n'avais pu avancer jusqu'à vous et avais dû revenir bredouille à mon courrier. Me pencher n'a fait que confirmer ce que j'avais entrevu le temps si bref de la descente : la grâce de votre corps allongé, l'aisance avec laquelle il irait vers moi, l'envie et la peur de le toucher. J'ai su cela avant même d'avoir pu y penser.
Vous avez déplié ce corps pour vous asseoir lorsque je suis revenu de la cuisine avec le plateau. J'ai posé mes pieds à côté des vôtres sur le carrelage tiède. Ou plutôt : vous aviez investi le canapé et repoussé les journaux de la table basse de manière que je dusse garder mes jambes parallèles et tourner vers vous mes talons pour être à l'aise en vous servant. J'ai versé la première tasse et senti la plante de votre pied se poser contre la mienne.
Moins fine que la peau des doigts, sans la moiteur du cou, épaisse, rugueuse, utilitaire, même... Laissons. Vous savez tout cela, qui a bien peu d'importance. Ce qui compte est que vous aviez remporté la victoire par incongruité. Nous pouvons faire la liste de ceux qui ont touché la plante de nos pieds, et plus facilement encore la liste bien plus courte de ceux qui l'ont fait avec la leur. Vous êtes la seule. Unique en votre genre, Bérénice. Cela n'est jamais plus arrivé, pas plus que le reste.


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