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.. Monaco : un pays ensoleillé dirigé par un prince magnifique...

Couverture du livre Monaco : un pays ensoleillé dirigé par un prince magnifique...

Auteur : Didier Laurens

Date de saisie : 02/05/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Hachette Littératures, Paris, France

Collection : Les docs

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-01-237260-3

GENCOD : 9782012372603

Sorti le : 02/05/2007

Claire Lamarre - 16/05/2007


Xavier Clion - 14/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 10/05/2007

Malgré son entrée au Conseil de l'Europe, Monaco reste un faux-semblant démocratique. Durant douze mois, Didier Laurens a dirigé le principal hebdomadaire de la principauté. À ce titre, il a pu observer tous les rouages de ce mini-pays, un endroit où personne n'ose s'exprimer au téléphone par crainte d'être écouté, ni porter la moindre critique contre la maison princière de peur de tomber en disgrâce. Dans ce territoire de deux kilomètres carrés, les affairistes font la pluie et le beau temps sous les yeux d'un appareil d'Etat anachronique, sclérosé. Le pouvoir y est confisqué par un prince qui refuse toute évolution vers un régime parlementaire malgré les souhaits de Strasbourg. Démocratie d'opérette où les quelque huit mille Monégasques dits «de sang» imposent unilatéralement leur volonté au reste de la population vivant dans la principauté. Ils accaparent tous les droits, toutes les aides nationales.
Voici les coulisses d'une destination jet-set qui fait rêver toutes les midinettes de la planète, les secrets d'un monde où le cash coule à flot. Un conte de fées monégasque qui est en fait un miroir aux alouettes.

Né en 1956, Didier Laurens a notamment été grand reporter à La Tribune, rédacteur en chef adjoint de 60 millions de consommateurs, du Nouvel Economiste et rédacteur en chef de Investir Magazine. En 2006, il a dirigé Monaco Hebdo, le plus grand hebdomadaire de la principauté de Monaco.


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

LE ROYAUME DU SILENCE

Au cours de mon séjour monégasque, et c'est une de mes satisfactions professionnelles, je suis parvenu à fissurer le mur du silence qui étouffe la principauté en créant une rubrique «Confidentiels» dans mon journal. Banale en France, l'apparition de cette petite colonne de texte publiée sur fond saumon était inédite à Monaco. Elle y a créé quelques perturbations. L'objectif était de faire circuler des petites informations sensibles, déran­geantes, après les avoir vérifiées. Soigneusement, car à Monaco, le sport national, c'est la rumeur, la «machine à détruire» comme l'appellent les sujets d'Albert II Dans cet univers de deux kilomètres carrés, les gens s'ennuient et, pour se distraire, ils font courir des bruits sur tout et sur rien. Évidemment, Radio Rumeur émet également à Paris et dans tous les villages de France et de Navarre. Mais à Monaco, cet engouement est maladif, obsessionnel. Les shrapnels partent dans toutes les direc­tions. Les rumeurs sont généralement lancées lors des cocktails, innombrables en principauté. Parfois, elles renvoient à un dossier solide, qui sort de façon biaisée, pour éviter une confrontation directe. C'est ainsi que l'on apprenait, il y a quelques mois, que les dépenses de communication de Stéphane Valeri étaient passées au crible par des parlementaires soucieux de vérifier que l'argent public n'avait pas été utilisé à des fins de promo personnelle. Puis, quelque temps plus tard, la même rumeur publique laissait entendre que l'ouverture d'une information judiciaire était prévisible, ce qui a été confirmé en décembre 2006. Depuis, les auditions sont en cours mais, pour l'instant, aucune malversation n'a été démontrée. Dans la plupart des cas, les rumeurs sont de simples élucubrations destinées à tuer. J'ai souvent été surpris par les énormités que me rapportaient des tiers, pas trop bêtes, sous couvert d'anonymat. Un jour, l'un d'eux m'a raconté que le propriétaire du journal pour lequel je travaillais avait offert des Porsche à plusieurs membres du gouvernement pour obtenir des chantiers publics. Dans la plupart des cas, les rumeurs peuvent être autodémenties avec un peu de jugeote, mais les Monégasques les dévorent et les amplifient mécaniquement, par jeu, dès lors qu'elles ont un brin de crédibilité. Il s'agit d'une forme de perfidie sociale, d'un trait de carac­tère national.


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