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Un jeune auteur embarqué dans un voyage de promotion en Allemagne; un 31 décembre traversé d'hallucinations auditives d'une haute toxicité ; la joute d'un écrivain à fleur de peau et d'un vieil homme au pied de volcans endormis ; un homme qui colle une prune à un autre pour un motif futile ; trois auteurs égarés dans un salon du livre de province ; Vincent de Swarte, lui-même, arrachant par téléphone quelques subsides nécessaires à sa survie ou se livrant à quelques séances d'autofriction sexuelle, ou fantasmant sur la voisine d'en face, ou bien, mort, déjà, et nous offrant un monologue d'outre-tombe sidérant... Variation fine, jubilatoire, délicieuse sur les diverses postures existentielles d'un jeune écrivain dans l'actuelle république des lettres, Pharanoïa est aussi l'autoportrait émouvant d'un homme sur lequel plane inconsciemment l'ombre de sa propre mort : comme pour défier le destin, il a cette folle liberté de l'écrire avant qu'elle ne survienne.
Vincent de Swarte (juin 1963-avril 2006), est notamment l'auteur de Pharricide (1998), Requiem pour un sauvage (1999), Le Paradis existe (2001), Lynx (2002), Elle est moi (2005), Une photo de toi (2005) et journal d'un père (2006). Sa mort prématurée a privé les lettres françaises d'une de ses voix les plus originales.
La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 10 avril 2007
Si ces quelques nouvelles, oscillant entre réalisme (magique) et fantasmagorie (voir à ce titre "Ce soir les chiens", d'une troublante humanité), illustrent parfaitement un imaginaire fécond, violent et tourmenté, à l'oeuvre depuis Pharricide (Calmann-Lévy, 1986 et Pocket), elles s'offrent aussi comme un contrepoint singulier à la plupart des autres textes qui forment une variation autofictionnelle - genre qu'il avait abordé et détourné dans son roman transgenres, Elle et moi (Denoël, 2005). Une "mise en jeu", souvent drôle à travers laquelle Vincent de Swarte interroge non sans saveur les postures de l'écrivain ("Au pied des volcans endormis"), sa place dans notre société ("Dans le port de Caen"), ses fantasmes (dans une mise en abyme singulière, "Françoise la femme d'en face"), mais aussi la part d'ombres en soi que révèle l'écriture ainsi que les frontières mouvantes entre le réel et la fiction.