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.. Dictionnaire amoureux de Naples

Couverture du livre Dictionnaire amoureux de Naples

Auteur : Jean-Noël Schifano

Illustrateur : Alain Bouldouyre

Date de saisie : 26/04/2007

Genre : Essais littéraires

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Dictionnaire amoureux

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 2-259-20231-4

GENCOD : 9782259202312

Sorti le : 26/04/2007

Jean-Noël Schifano - 16/07/2007


Xavier Clion - 14/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 10/05/2007

La Naples de ce Dictionnaire amoureux est la Naples que Jean-Noël Schifano a vue et vécue au quotidien, de l'intérieur, au fil des années voluptueuses, douces et violentes, traversées par les tremblements de terre et les guerres des clans camorristes. Au milieu d'une débauche de couleurs, de cris, de saveurs, il dénonce ici, en amoureux et sans détour, les clichés, les préjugés et les contrevérités ou trucages historiques les plus tenaces... Mais surtout, à partir de son expérience intime, sensuelle et culturelle, il révèle, avec science et passion, le génie de la vie napolitaine, d'une civilisation unique en Europe. Son rapport à Naples passe d'abord par une gourmandise insatiable pour tous les dons qui se déversent - beautés, nourritures charnelles et spirituelles, merveilles évidentes et bizarreries apparentes - de l'immense corne d'abondance trois fois millénaire qu'est cette Ville singulière, et plus que jamais, pour tout amant de la vie, capitale.

Depuis Chroniques napolitaines (1984) jusqu'à Sous le soleil de Naples (2004), tous les livres de Jean-Noël Schifano portent la marque de son inépuisable et contagieuse passion napolitaine. Ecrivain de Naples, il est aussi le seul Français citoyen d'honneur de cette Ville tant aimée, et qui le lui rend bien.



  • La revue de presse René de Ceccatty - Le Monde du 13 juillet 2007

Jean-Noël Schifano a consacré tant de livres à Naples et y a séjourné si longuement qu'il semble difficile d'avoir meilleur guide dans cette ville autant célébrée qu'elle a été dénigrée...
Les écrivains ont, avec un peintre (Caravage), un rebelle (Masaniello) et un musicien (Gesualdo), des places de choix dans ce dictionnaire, cela va de soi. Mais c'est une Naples vivante et moderne, celle du petit peuple et celle, hélas, de la Camorra qui est présente à chaque page. Une Naples habitée par ce que Schifano appelle "le baroque existentiel". Un baroque, on l'aura compris, qui ne se limite pas à quelques caractéristiques architecturales ou esthétiques, avec des connotations souvent négatives, mais qui caractérise une "existence poreuse, contrastée, dilatée, en pérenne métamorphose et en trompe l'oeil que les Napolitains vivent depuis trois mille ans, que le reste du monde vit depuis une trentaine d'années". C'est cette définition d'une humanité de la démesure, de la "communication soleillée des corps" que cet amoureux va approfondir, dans ce qui est un véritable journal de citoyen d'honneur.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, juin 2007

«Voilà un des grands buts de mon voyage», s'écria Stendhal lorsqu'il débarqua à Naples. Dans son sillage, Jean-Noël Schifano vient de signer un livre qui tient de l'exercice d'admiration et du guide culturel, de la balade gourmande et de l'album mythologique : le Dictionnaire amoureux de Naples...
Reste la douceur et la tendresse d'une ville qu'il faut visiter en automne. Cette saison, à Naples, «est un sensuel encensoir qui répand les sucs de ses fruits éclatés de soleil», écrit Schifano. Avec ce livre érudit et folâtre, il nous offre une tranche napolitaine aussi goûteuse que la bedaine d'un cardinal : le mythe au quotidien. Et si le génie du lieu existe, il fallait un alphabet comme celui-ci pour en décliner les vertus. On a tous quelque chose en nous de Napoli...


  • La revue de presse - Le Nouvel Observateur du 7 juin 2007

Schifano assume la posture de tous les amants de Naples : c'est la ville aux mille contradictions, lieu de la superstition la plus effrénée et berceau de quelques-uns des plus grands philosophes non seulement d'Italie mais du monde (pour n'en citer que quatre, Thomas d'Aquin, Giordano Bruno, Giambattista Vico et Benedetto Croce), bouillon de culture d'une criminalité diffuse qui s'autocélèbre à travers ses chansons, sa comédie populaire, son cinéma licencieux (il suffirait de se rappeler deux géants de la stature d'Eduardo De Filippo et de Totò), et théâtre d'une plainte continue à l'égard d'une Italie qui lui reproche exactement les défauts que ses artistes les plus grands ont toujours exaltés...
Et le charme du récit, des évocations, des souvenirs personnels et érudits est tel que le lecteur cède peu à peu à cet enchantement...
Ce n'est pas un hasard si un autre grand amant de Naples était le marquis de Sade, qui écrivait : «Comment faire cependant, dans un pays où le climat, les aliments et la corruption générale invitent si perpétuellement à la débauche... Quelle excitation ! Quelle frénésie ! Quelle rage !» Et Schifano commente plus loin : «Sur la lave napolitaine, Sade n'a-t-il pas trouvé son infernal paradis ?» On ne juge pas les passions des amants. Et puis, pour dire de Schifano ce que lui-même dit à un certain moment de Sade : «Foutre ! Quel style !»


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

Amelio (Lucio)
1931-1994
Voir : Tremblement de terre

Ames du purgatoire
Voir : San Gennaro

Averne

C'est la route d'Ulysse qu'il faut suivre, quand on vient du nord, que l'on quitte San Felice Circeo, après une nuit magique d'amant-pourceau dans un hôtel qui porte le nom de Circé, «cette toute divine» (Odyssée, X), à proximité du rocher qui, vu de la plage et de la mer où il se mire, s'est anthropomorphosé en un géant profil de la «déesse» qui retint le «héros d'endurance» entre ses cuisses voluptueuses avant de lui prodiguer mille conseils pour descendre aux enfers sans risquer d'y rester, et pour échapper à la voix enchanteresse des Sirènes.
La route d'Enée, quand on vient du sud, de Palinure, «ô victime innocente» (Livre cinquième), le nautonier qui a donné son nom à l'endroit où il s'est noyé, jusqu'aux Champs Phlégréens, à Cumes où la Sibylle mugira «en grec» pour le fils d'Anchise son destin de fondateur de la puissance romaine. La connaissance est le but d'Ulysse, quand elle est moyen de conquête pour Enée.
Point de rencontre : l'orée des enfers. Signe de reconnaissance : un rameau d'or. Déjeuner prévu : Chez Charon. (A la fin du siècle dernier, les Napolitains mêmes méconnaissaient ce branlant et sublime bouchon : oui, à la lyonnaise, tant cette toute petite cuisine-resto sur pilotis à ras de l'eau semble flotter comme un parallélépipède de liège et de verre rapiécé avec du scotch et des pubs autocollantes, au bord du lac, en lieu et place de la barque de Charon.) Pour le rendez-vous, on peut préciser aussi : à côté du restaurant Aux Sept Nains (ludique façon de nous introduire aux royaume souterrain et nocturne des Cimmériens, «sur ces infortunés pèse une nuit de mort», Odyssée, XI, et de nous en sauver, entre Joyeux et Grincheux).
Deux cents mètres à droite, perché sur un ourlet de la rive, un temple : d'Apollon ? de Vénus ? Probablement un monumental édifice thermal romain captant sources et fumerolles.


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