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.. Journal des lointains T.5; journal des lointains t.5

Couverture du livre Journal des lointains T.5; journal des lointains t.5

Auteur : Collectif

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Journal Des Lointains

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782283022610

GENCOD : 9782283022610

Sorti le : 07/05/2007

Claire Lamarre - 16/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 23/12/2009

Le numéro 5 du JDL transporte le lecteur, entre autres destinations, en Amérique latine (Brésil, Pérou, Chili), Asie du sud-est (Birmanie), Europe (Italie, Allemagne), et quelques confins de l'Asie centrale et de l'Arctique. Ces récits inédits constituent la relation de voyages ou de séjours effectués dans le cadre d'une mission spécifique (journalisme, enseignement, expéditions...) ou, plus simplement, d'une pérégrination personnelle.

Frédéric Lefebvre («Voyage accompagné») est chercheur en sciences humaines et chroniqueur littéraire sur RFI. Ecrivain salué par ses pairs et la critique pour la subtilité de son oeuvre, Bernard Chambaz («Petit voyage d'Arkhangelsk à Astrakhan») vient de publier le beau livre «Des nuages» au Seuil. Ricardo Uztarroz («Retour à Robinson») réside à Lima, fut longtemps journaliste à l'AFP et vient de publier «La Véritable histoire de Robinson Crusoé» chez Arthaud. Olivier Soufflet («Jako») exerce la profession de journaliste indépendant à la Réunion. Ecrivain, éditeur et journaliste, Léon Mazzella («Journal kazakh») est l'auteur de plusieurs ouvrages à La Table ronde. «Parole de soldat, parole de Bouddha» est le second texte que Henri Marcel, romancier au Serpent à plumes, publie dans le Journal des Lointains. «De l'immensité des petits riens» est l'oeuvre de Mathilde Damoisel, documentariste, texte dont la version images sortira fin 2007...


  • Les présentations des éditeurs : 10/05/2007

«À six heures, les mâchoires des freins font un boucan d'enfer. Le train finit par s'arrêter le long du quai. Le ciel est bâché, gris, sans la moindre fente. La gare, pourtant monumentale, fait peine à voir. Dehors, c'est la même impression lugubre, la chaussée défoncée qui luit sous les phares des Jigouli cabossées, des flaques d'eau, des trous d'eau, une eau grise. Bienvenue à Vologda.» (Bernard Chambaz, «Petit voyage d'Arkhangelsk à Astrakhan».)

«Une personne de la minorité Palaung m'accompagne le long de la grande rue. Nous passons devant le bureau du Mouvement de libération Palaung. Ce groupe indépendantiste, me précise mon guide, était actif jusqu'à il y a deux ans, puis a rendu les armes. Le bureau est fermé. Dans la presse birmane, quelques éditoriaux saluent la reddition de divers groupes indépendantistes. Ces derniers, déclare-t-on, sont accueillis avec "chaleur" au sein de la nation unie. Avec tout autant de "chaleur", quand le besoin s'en fait sentir, les forces armées rasent des villages - de la minorité Karen, par exemple -, violent les femmes et mettent la population locale aux travaux forcés.» (Henri Marcel, «Parole de Bouddha, parole de soldat».)

«Enfin, le Navarino appareilla. Si, à cet instant, j'avais su ce que j'allais endurer avant d'arriver à bon port trois jours plus tard, mon impatience en aurait été, à coup sûr, sérieusement réfrénée.» (Ricardo Uztarroz, «Retour à Robinson».)


  • Les courts extraits de livres : 10/05/2007

AU CUL DES COQS DANS LA BRUYÈRE KAZAKH
Léon Mazzella

29 août. Vol Paris-Istanbul. Escale dans la capitale turque. Éternelle magie du voyage. Jusque dans les façons de faire pour reconnaître indi­viduellement ses bagages sur la piste, avant de remonter dans l'avion... Ce qui me ravit délicieusement énerve toujours quelques grincheux qui ont vite recours à l'adjectif sauvage pour désigner les us d'une civilisation étrangère. C'est affligeant. Les veneurs qui sont du voyage, et qui tenteront de prendre un cerf maral - le plus gros du monde - avec leur meute de quarante-deux chiens solognots et les petits chevaux kazakhs, sont moins cul pincé que je ne le craignais. Ils sont même assez chauds : chaque femme qui passe est déshabillée du regard et abordée sans ambages. Ils aiment aussi l'alcool et les cigares, et semblent peu habitués à voyager. C'est de bon augure. Touffeur. Attente. Retard (prévisible) de l'avion pour Alma-Ata (j'ai du mal à dire ou à écrire Almaty car Alma-Ata, c'est comme Samarkand et Zanzibar, comme la route de la soie ou celle des épices : du rêve brut). Vendeurs de loukoums. La photo de Carole Bouquet au duty free. Bu une bière tiède. Vingt et une heures (locales). L'avion est plein. Beaucoup de Chinois et de Mongols, j'avoue ne pas les distinguer avec certitude.
Vol Istanbul - Alma-Ata. Quatre heures quarante-cinq dans les airs. Il sera environ cinq heures du matin à l'arrivée (heure kazakhe), soit environ deux heures du matin ce samedi 30 août en France. Là, nous avons le choix entre une visite de la capitale du Kazakhstan (aux allures de cité russe formée de gros cubes de béton triste), puis prendre un avion réputé improbable, voire périlleux (deux heures trente de vol), ou bien se taper, avec les chiens, environ trente heures de bus sur les «routes»...
Autrement écrit, mon choix est fait. Je testerai le talent des pilotes de la Kazakhstan Airlines.
Almaty signifie «le village des pommiers». Kazakh, selon la même source - une brochure égarée -, signifie brigand, rebelle, guerrier nomade en lutte contre l'État, et ses compatriotes. De tels éclairages laissent à penser qu'un tel pays ne peut pas avoir de mauvais fond.
Alma-Ata est appelée Almaty depuis le printemps 1993. Je reprends mes deux vieux Hemingway dans l'édition de La Pléiade. Les exemplaires sont fatigués, usés par les voyages que nous avons faits ensemble. Mais là, c'est différent, je les sors de la routine africaine, puisque je les ai emmenés en Asie.


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