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_ Ballade pour Georg Henig

Couverture du livre Ballade pour Georg Henig

Auteur : Victor Paskov

Traducteur : Marie Vrinat

Date de saisie : 10/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigue, France

Prix : 16.80 € / 110.20 F

ISBN : 978-2-7526-0338-8

GENCOD : 9782752603388

Sorti le : 10/05/2007

Claire Lamarre - 16/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 11/05/2007

Une histoire d'amitié entre un vieux luthier et un petit garçon dans un monde de musique, avec Sofia pour toile de fond, vibrant au son des anecdotes du quotidien.

«Cette ballade est une petite merveille, un hymne à la musique en guise d'air de la liberté. C'est aussi un acte de combat, livre politique dans le meilleur sens du mot.»
Tzvetan Todorov, Le Nouvel Observateur.

«Il y a beaucoup de tendresse dans ce roman à la fois charmant et poignant.»
Pierre Maury, Le Soir.

Victor Paskov est né à Sofia (Bulgarie) en 1949. Il est musicien, cinéaste et écrivain.


  • Les courts extraits de livres : 11/05/2007

Le rabot de mon père sifflait et grinçait. Le bois se dépouillait peu à peu de ses pelures. À la fin, il ne restait que le coeur, rose et luisant comme une chair d'enfant. Mon père promenait avec contentement sa main sur la surface lisse et hochait la tête, satisfait. Les planches s'entassaient les unes après les autres dans le coin de la pièce : grandes et petites, fines et épaisses, fleurant bon le bois fraîchement coupé. Mon père retirait son crayon bicolore de derrière son oreille d'un geste énergique, et les numéro­tait. Leur ordre n'était connu que de lui.
Le sol était jonché de copeaux de bois, boucles fines et blondes en forme de spirales. Il serrait la planche réduite à l'impuissance entre les deux mâchoires de l'étau et commençait à en égaliser le bord à l'aide d'une lime à bois. Le bois émettait un bruit semblable à un cri perçant. La sciure volait en pluie fine, comme des pellicules. Dans son coin, Georg Henig mastiquait tristement. Ses yeux blancs regardaient avec compassion le bois qui poussait des cris de panique sous les mains fermes de mon père. Baron aboyait de l'autre côté du mur.
- Ne fais pas peur au bois, Marine, disait Georg Henig, hochant la tête avec reproche.
- Ou bien il va m'obéir, ou bien...
- Bois, pas coupable.
- Qu'il aille se faire...
- Pourquoi en colère contre le bois ?
- Ah !
- Je comprends, je crois. Mais pas comme ça bien travailler. Le bois, il veut savoir quoi devenir. Assieds toi, parle avec bois. Demande quel âge a lui, d'où venir. Si lui ne veut pas, pas devenir buffet. Bois raisonnable, maître pas raisonnable.
- Mais oui.
Malgré les objections de Georg Henig, le buffet se matérialisait sous nos yeux : d'idée informe qu'il avait d'abord été, il se métamorphosait en un tas de planches gros­sières, puis en croquis et en calculs, en obser­vations scrupuleuses, en évaluation du rapport de forces, en attaque, et le voilà qui se dressait, peu à peu, qui prenait naissance, copeau parmi les copeaux, encore dépourvu de nez, de poitrine, de visage, amoncellement de rectangles vides apparentés aux moules pour violons, sur le mur, mais plus catégoriques, plus riches en perspectives.


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