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Inexpérience métaphysique n'est pas foncièrement différente de l'expérience mystique. Les «enseignements parfaits» de l'école des Ornements Fleuris (Huayan) pourraient apporter, sur le mode philosophique et visionnaire si particulier au bouddhisme, la réponse la plus fine à la question la plus finement posée : qu'est-ce qui est réel ?
Fazang (né en 642), troisième patriarche de l'école Huayan, s'emploie alors à démontrer que la vérité n'est pas un effet du rejet de l'erreur mais l'acceptation complète, raisonnée et documentée, de toutes les visions et les vues les plus contradictoires que le réel inspire à ceux qui le cherchent.
Comme dans l'immense Soûtra des Ornements Fleuris, il trouve dans le Soûtra de l'Entrée à Lanka les mystères essentiels de la vérité absolue puis, les analysant par «dizaines» successives pour les soumettre aux cinq phases de sa dialectique merveilleuse, il décrit leur irreprésentable perfection dans un petit livre éblouissant dont on trouvera ici, après une approche éblouie, une tentative de traduction.
Les courts extraits de livres : 11/05/2007
Les raisons de l'émergence de cet enseignement
(...)
5. Pour renverser les vues fausses
Pour réfuter les [adeptes des] Quatre Écoles [bouddhistes '] et [toutes] les voies non bouddhistes, afin que leurs croyances erronées cessent à jamais et qu'ils retournent à la vue juste. Ce qui sera expliqué en détail par la suite.
6. Pour anéantir les croyances
[Ce soûtra s'emploie à] réfuter les croyances et les vues des deux véhicules [inférieurs], jusqu'à ce que les adeptes qui appartiennent indubitablement à la famille de réalisation des deux véhicules inférieurs s'orientent à leur tour vers l'Éveil suprême. Ce qui sera entièrement expliqué par la suite.
7. En réponse à certaines questions
En réponse aux «cent huit questions» de Mahâmati, ainsi qu'à d'autres questions de circonstance, comme on peut le lire en toutes lettres [dans le soûtra].
8. Pour chasser les doutes
Incapables d'avoir une intuition décisive à propos de tout ce qu'ils entendent des enseignements profonds du Grand Véhicule, les bodhisattvas débutants, et eux seulement, sont victimes de trois types de confusion : ils confondent la vacuité ultime ' et l'absence de toute causalité ; ils confondent la nature de bouddha, qui est porteuse de toutes les qualités, avec l'âme ou le soi des voies non bouddhistes ; ils croient que le champ d'expérience de l'esprit et des facteurs mentaux ne relève pas de la conscience seulement.
Nous expliquerons que la vacuité réelle ne nie pas l'être illusoire, que la substance comprenant essence et qualités ne s'oppose pas à la vacuité réelle, et que les objets, [toujours] fallacieux, sont des perceptions au sein de l'esprit : ce qui permet de réfuter ce genre de confusion et leurs multiples variantes.
9. Pour dévoiler le réel
On montrera ci-dessous les réalités fondamentales du Grand Véhicule selon le système des cinq catégories, des trois natures, des huit consciences et des deux vacuités, qui toutes jaillissent de la nature de bouddha, l'esprit de chaque individu pour que ceux qui étudient le Grand Véhicule connaissent la vue juste et se tiennent dans la juste foi à partir desquelles la pratique, qui sera juste, les mènera à l'accomplissement.