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_ Fascination du roman historique : intrigues, héros et femmes fatales

Couverture du livre Fascination du roman historique : intrigues, héros et femmes fatales

Auteur : Brigitte Krulic

Date de saisie : 03/05/2007

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Autrement, Paris, France

Collection : Passions complices

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-7467-0984-3

GENCOD : 9782746709843

Sorti le : 03/05/2007

Nathalie Bruthiaux - 23/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 12/05/2007

Qui n'a jamais goûté aux passes d'armes de d'Artagnan, aux hauts faits d'Ivanhoé ou encore au fameux "Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi" du Bossu de Paul Féval ? Qui n'a pas frémi à la lecture des intrigues politiques et sentimentales d'Anne d'Autriche, de Milady ou de Marianne, nièce du roi Richard et fiancée de Robin des Bois ?

De Walter Scott à Chantai Thomas, le roman historique a toujours su fasciner les lecteurs. Duels, intrigues politiques et sentimentales, supplices, rivalités, malheurs dynastiques, tels sont les ingrédients indispensables au roman historique. Extraordinaire machine à remonter le temps, il invite à découvrir des mondes imaginaires où se déploient les mythes liés à la succession des générations, à l'oubli et à la mémoire. Au XXIe comme au XIXe siècle, le roman historique vise à divertir les lecteurs en les soustrayant aux pesanteurs d'un quotidien désenchanté. Mais en les familiarisant avec les grandes figures de l'Histoire, il permet aussi la confrontation entre passé et présent et dévoile certains événements charnières sans la compréhension desquels le présent demeurerait opaque.

Roman de formation du peuple et des peuples, rejeton de l'âge démocratique, le roman historique place au premier plan la construction de l'identité nationale, telle qu'elle s'exprime dans les stéréotypes, symboles et mythes qui constituent les rituels et signes de communication d'une culture partagée.

Brigitte Krulic, professeur à l'université de Paris-X, est spécialiste d'histoire des idées politiques.


  • Les courts extraits de livres : 12/05/2007

La machine à remonter le temps

Le roman historique a ses rituels : si les trois coups préludant au lever de rideau invitent le spectateur à centrer son attention sur la représentation de la réalité qu'isole et souligne la scène, la plongée dans le passé reconstitué suppose au préalable un appel implicite mais pressant au lecteur, invité à pénétrer dans un cadre temporel «excentrique». La précision topographique, mais surtout chronologique' qui, dans la plupart des romans historiques, classiques et contemporains, ouvre la porte au récit en dessinant un cadre - la date et le lieu -, revêt une double signification fonc­tionnelle : elle fixe la règle d'une complicité, proposée par l'auteur, acceptée par le lecteur, c'est du moins l'objectif visé. Elle accomplit par ailleurs l'effet de distanciation dans le temps qui signale et consacre l'appartenance de l'oeuvre au genre «roman historique», et ce faisant, «divertit» le lecteur, au sens étymologique du terme, le détourne de sa situation temporelle, le précipite dans l'excentricité d'un temps révolu.

Quelques exemples de «débuts» empruntés à des romans his­toriques, de factures fort diverses, illustreront notre propos. «Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville» (Notre-Dame de Paris, 1831). Ou, toujours chez Hugo (Quatrevingt-treize, 1873) : «Dans les derniers jours de mai 1793, un des bataillons parisiens amenés en Bretagne par Santerre fouillait le redoutable bois de la Saudraie en Astillé.» Pour rester à l'époque de la Révolution française : «Évariste Gamelin, peintre, élève de David, membre de la section du Pont-Neuf, pré­cédemment section Henri IV, s'était rendu de bon matin à l'ancienne église des Barnabites, qui depuis trois ans, depuis le 21 mai 1790, servait de siège à l'assemblée générale de la section» (Anatole France, Les dieux ont soif, 1911).


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