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.. Les cathares

Couverture du livre Les cathares

Auteur : Anne Brenon

Date de saisie : 02/05/2007

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Spiritualités vivantes poche, n° 228

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 978-2-226-17830-5

GENCOD : 9782226178305

Sorti le : 02/05/2007

Nathalie Bruthiaux - 23/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 13/05/2007

Démonisés, persécutés, anéantis, les cathares n'ont pas pour autant disparu de la mémoire des hommes. Par-delà les brumes de légende qui masquent leurs figures, les «bons hommes» et les «bonnes femmes» ont laissé des traces écrites de leur passage et de leur message. Anne Brenon, l'une des plus grandes spécialistes mondiales de cette foi mal connue, nous fait entrer dans leur intimité.
Loin de l'image d'une communauté recluse aux doctrines occultes, elle nous fait découvrir des individus pieux et charitables, engagés dans la vie de la cité. Face à «l'Eglise qui possède et écorche», ils affirment incarner «l'Eglise qui fuit et pardonne», la seule qui soit fidèle à l'héritage des apôtres. Si le catharisme organisé a péri sur les bûchers (quoiqu'il ait survécu un peu plus longtemps qu'on ne croie), son esprit peut encore inspirer tous ceux qui, contre les puissances de ce monde, prennent le parti des âmes en souffrance.

Archiviste paléographe et conservateur du patrimoine de France, diplômée de l'Ecole des chartes et en sciences religieuses de l'Ecole des Hautes Etudes, Anne Brenon est une des meilleures spécialistes du catharisme et en a complètement renouvelé l'approche. Elle est en outre fondatrice de la revue Heresis. Elle est l'auteur entre autres de Les Cathares, pauvres du Christ ou apôtres de Satan ?, Découvertes-Gallimard, 1997, Pèire Autier, le dernier des cathares, Perrin, 2006..


  • Les courts extraits de livres : 13/05/2007

«Une grande multitude d'hommes et de femmes...» C'est ainsi que l'obscur clerc hérétique qui consigna la charte de Niquinta décrit la réalité de l'assemblée, «dans le castrum de Saint-Félix, d'une grande multitude d'hommes et de femmes de l'Église de Toulouse et d'autres Églises voisines, qui se rassemblèrent là pour recevoir le consolament...». Et c'est à cette «grande multitude d'hommes et de femmes» que nous allons tenter maintenant de nous mêler, un peu fascinés déjà par l'effet de foule et par l'étonnante mixité qui l'anime. Imaginerait-on, en plein Moyen Âge, quasiment sur la place publique, hors de toute clôture d'abbaye, un grand rassemblement de clercs, moines et religieuses catholiques et romains, conjuguant, dans leur multitude, les frocs, les scapulaires, les coules, les mitres, les capes, les voiles et les cornettes ? Ou, plus simplement, un concile, au Latran, réunissant, autour des cardinaux et des prélats, des abbesses et des moniales...
Ces hommes et ces femmes des Églises cathares, arrivant pour certains de fort loin pour se réunir en foule à Saint-Félix, élisant leurs évêques, se faisant réordonner autour d'eux par le prestigieux visiteur venu de Constantinople en ce jour de mai 1167, ce sont en effet des religieux et religieuses consacrés, non de simples fidèles attirés par un prédicateur de renom. Déjà, depuis l'an mil, les dénonciateurs de l'hérésie laissaient deviner des communautés dissidentes nombreuses et mixtes, mêlant clercs, moines, laïcs et femmes, simples femmes. Evervin, dès 1143, précisait qu'au sein des communautés des Apôtres, les femmes - «veuves, vierges ou leurs épouses» - non seulement étaient admises en noviciat, mais accédaient au rang le plus élevé, celui d'élues ou chrétiennes, ce qui leur permettait de conférer à leur tour le baptême par imposition des mains. Des chroniqueurs un peu railleurs montrent, en Champagne, de repoussantes vieilles femmes montant sur le bûcher en compagnie de jeunes filles abusées. À Saint-Félix, où nous sommes en contexte cathare interne, cette participation féminine à l'hérésie se trouve grandement confirmée : indubitablement composées de «multitudes d'hommes et de femmes», c'est-à-dire admettant les femmes en nombre en leur sein, hors de toute clôture monastique, les Églises hérétiques ne répondent pas aux normes de l'Église romaine.


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