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Trois destins au départ très éloignés : celui de Jacob un vétérinaire manqué, celui de Marlène vedette du spectacle et celui de l'indomptable Rosie l'éléphante vont se rapprocher. Au fil des souvenirs de Jacob, maintenant âgé, nous découvrons ce que fut leur vie au sein d'une troupe de cirque sur le déclin dans l'Amérique des années 30. Des personnages attachants qui nous entraînent dans une belle histoire pleine d'émotions.
Le journal sonore des livres : Valérie Malfoy - 13/07/2007
Ce roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d'une inconnue un véritable phénomène d'édition, le coup de coeur de l'Amérique.
Durant la Grande Dépression, dans les années 30, les trains des petits cirques ambulants sillonnent l'Amérique. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur «plus grand spectacle du monde». Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor où tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.
Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l'éléphante que nul jusqu'alors n'a pu dresser, dans un improbable trio. Plus qu'un simple roman sur le cirque, De Veau pour les Éléphants est l'histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l'amour est un luxe que peu peuvent s'offrir.
Les courts extraits de livres : 13/05/2007
Le crissement prolongé des freins me réveille. Dans mon sommeil, j'avais glissé entre des rouleaux de toile et je tarde un peu à reprendre mes esprits.
Le train frémit, s'immobilise et pousse un soupir. Blackie, Bill et Grady se lèvent et descendent en silence. Camel s'approche en clopinant. Il se penche et me tâte.
- Viens, fiston. Faut sortir avant l'arrivée des gars... Je vais essayer de te brancher sur Joe-le-Fou, ce matin.
- Joe-le-Fou ? dis-je, me redressant.
Mes tibias me démangent et j'ai un torticolis infernal.
- C'est le grand manitou pour les chevaux. Enfin, les chevaux de trait. August le laisserait jamais s'approcher de la cavalerie. En fait, c'est probablement Marlène qui le laisserait pas, enfin c'est pareil... Avec Joe-le-Fou, au moins, t'auras du boulot. On a eu beaucoup de mauvais temps, les terrains étaient boueux, un tas de ses gars en ont eu marre de bosser comme des Turcs et se sont barrés. Il manque de bras.
- Pourquoi ce surnom : Joe-le-Fou ?
- Sais pas exactement...
Il se cure l'oreille et inspecte sa récolte.
- J'crois qu'il a fait de la taule, mais je sais pas pourquoi. Et je te conseille pas de lui demander...
S'étant essuyé le doigt à son pantalon, il s'éloigne tranquillement vers la porte.
- Du nerf ! dit-il en se retournant. On a pas que ça à foutre !
Il s'accroupit avec précaution et descend sur le ballast.
M'étant pour la dernière fois gratté à mort les tibias, je relace mes chaussures, et le suis.