Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Rita Charbonnier
Traducteur : François Maspero
Date de saisie : 13/04/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Cadre vert
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 2-02-085868-1
GENCOD : 9782020858687
Sorti le : 13/04/2006
Dans leur enfance, une forte complicité unissait les deux petits Mozart : sous la direction sévère de leur père, le Roi et la Reine du Royaume Caché, comme ils aimaient s'appeler, se produisaient en duo dans toutes les cours d'Europe, et Wolfgang avait une grande admiration pour sa soeur, virtuose du clavier et compositrice. Or, un beau jour, la jeune fille disparaît de la scène, ne laissant à l'Histoire que quelques lettres. Que s'est-il donc passé ? Qu'est devenu ce prodigieux talent né dans le corps d'une femme ?
Rita Charbonnier a mis en oeuvre toute son inclination musicale et une incroyable pénétration psychologique pour sortir de l'ombre le personnage de Nannerl et saisir les raisons de cet effacement : passion, rage, jalousie, ressentiment, incompréhension, détachement... jusqu'à la réconciliation, advenue après la mort de Wolfgang, qui laissera émerger l'affection et l'amour pour la musique qui, en fin de compte, a influencé toute sa vie. Dans un cadre historico-musical fascinant, c'est une héroïne à la fois passionnante et touchante qui nous est dévoilée, merveilleuse figure féminine du XVIIIe siècle, souvent très proche d'une femme de notre époque.
Traduit de l'italien par François Maspero.
«Oh, tu es venue avec ton père ! Monsieur le major, quel plaisir de vous revoir !
- Bonjour, Frau Mozart. J'espère que ma présence ne vous est pas importune. Croyez-vous que je puisse entrer ?
- Importune ? Mais que dites-vous là ? Allons, suivez-moi, Nannerl vient juste de terminer la leçon précédente. Peut-être avez-vous d'ailleurs rencontré l'élève dans l'escalier, c'est la fille de ce marquis si sympathique, comment s'appelle-t-il déjà... von Rinser, il me semble.»
Tout en faisant claquer les doigts de sa main gauche pour stimuler sa mémoire, Anna Maria ouvrit de la droite la d'Armand et, sans presque s'en rendre compte, elle tâta, du bout des doigts, des ongles cruellement rongés jusqu'à la racine. Il retira immédiatement sa main.
«Pardonnez-moi. Je vous en prie, oubliez ce qui vient de se passer», murmura-t-il, et, tout penaud, il fit mine de s'en aller.
Quoi ? Tout risquait de finir ainsi ? Elle avait ouvert son coeur, dévoilé ses pensées les plus intimes à un homme qu'elle ne reverrait plus ? Oh non, c'était inacceptable ! Elle lui fit face : d'un air de défi, elle se haussa sur la pointe des pieds, et ce fut elle qui l'embrassa.
Cette fois, Armand ne fit rien. Il se borna à garder les lèvres ouvertes, tandis qu'elle y posait des petits baisers, les explorait, les goûtait. Puis elle s'en détacha et, de ses doigts, les caressa en les fixant avec des yeux pleins de curiosité, pinça sa moustache, effleura son nez, suivit son profil brun jusqu'au front, à la lisière des cheveux, aux mèches rassemblées sur la nuque dont elle défit le noeud pour les saisir et amener le visage de l'homme au-dessus du sien.
Ce fut un vrai baiser. Chacun tenait le visage de l'autre dans ses mains, le décoiffait, parcourait de ses lèvres le menton, les joues, le front, faisait enfin connaissance dans un échange de souffles qu'aucun échange de paroles ne pourrait jamais égaler; et ils auraient pu continuer à l'infini, car ils sentaient que cette fusion était délicieuse et juste.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia