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Auteur : Miguel de Larminat
Préface : Jean de Raspail
Date de saisie : 10/05/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Privat, Toulouse, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7089-6876-9
GENCOD : 9782708968769
Sorti le : 10/05/2007
Au début du siècle dernier, Jean de Larminat, ingénieur des Ponts et Chaussées, désirant assurer à ses fils - ils étaient sept - une existence d'hommes libres, dégagée des contraintes et des mesquineries auxquelles il craignait de les voir soumis, organisa leur émigration vers un pays neuf où leurs talents pourraient s'épanouir pleinement. L'Argentine fut choisie et, à dix-neuf ans, Jacques, le quatrième fils, s'embarqua en éclaireur pour Buenos Aires. Il trouva en Patagonie, au pied de la cordillère des Andes, un lieu propice à l'implantation de l'entreprise d'agriculture et d'élevage qu'il allait développer avec ses frères.
Grâce au journal de bord tenu par les fondateurs et à la correspondance échangée avec la France, Miguel de Larminat, petit-fils de Jacques, retrace toutes les étapes de cette aventure. Même sous les armes, pendant la Grande Guerre, Jacques demeure un pionnier : ses carnets, abondamment cités par Miguel, montrent ce cavalier se risquant comme volontaire dans les tanks, au prix de nombreuses blessures.
Retour en Argentine, arrivée d'autres frères de Jacques, mariages et naissances, crise de 1929, Seconde Guerre mondiale... Au rythme des événements, l'exploitation familiale évolue et prend de l'ampleur, et la nouvelle génération, établie dans diverses provinces du pays, perpétue ainsi l'oeuvre fondée voilà bientôt cent ans.
Titulaire d'un diplôme d'ingénieur de l'université de Buenos Aires, Miguel de Larminat, argentin de naissance, a travaillé en France, à Cuba et au Venezuela. Toujours en prise avec ses origines, il a contribué au développement de sa région natale, notamment en concevant un pont sur le fleuve Chimehuin, près de sa maison familiale, au Cerro de los Pinos. Il livre ici l'histoire de son grand-père et, par cet ouvrage, célèbre le lien qui rattache ses ancêtres à la terre de Patagonie.
Les ancêtres
Ma famille vient, d'après ce que l'on sait, de la ville de Thionville, près de la frontière du Luxembourg. Le premier Larminat dont on ait connaissance était un officier des armées impériales qui défendit cette ville lorsque les Condé essayèrent de s'en emparer, en 1643. Louis Larminat - c'est ainsi qu'il s'appelait - était alors cadet. Quelques années plus tard, il s'enrôlait dans les troupes françaises comme capitaine du régiment du Royal Piémont aux ordres du prince Condé de Coligny. Ce régiment participa à la bataille de Saint-Gothard où les Turcs furent repoussés devant Vienne, ce qui provoqua l'arrêt de leur avancée en Europe.
La provenance de ce Larminat reste ignorée. Le nom a une évidente origine française. Larminat, Larmignat, Lermina, ce sont sûrement des déformations du nom d'Armagnacs, les partisans de Jeanne d'Arc qui s'opposèrent aux Bourguignons, leurs ennemis mortels, au XVe siècle. Durant la guerre de Cent Ans, les Armagnacs défendaient la légitimité française contre les Bourguignons, alliés à une dynastie étrangère.
Presque tous ces Larminat de l'Ancien Régime étaient des fonctionnaires : officiers, commissaires de guerre, maires, ils étaient apparemment très à l'aise dans ces postes. Beaucoup de Larminat laissèrent de côté des activités mieux rémunérées ou plus prestigieuses pour s'intégrer à l'État, apportant à la fonction publique leur intelligence, leur imagination et leur esprit d'entreprise. Malgré ces antécédents, mon grand-père n'essaya cependant jamais d'occuper un poste public dans son nouveau pays : bien au contraire, il se tint à l'écart des fonctionnaires du gouvernement pendant toute sa vie.
Les Larminat servirent l'État pendant plus de trois siècles ; certains y laissèrent leur vie, comme ce Jean de Larminat, maire de Thionville, qui mourut de froid en rentrant de Versailles où il était allé demander de l'aide pour sa ville isolée par la neige pendant un hiver rigoureux. Un service probablement moins contraignant fut celui que prêta Marie de Larminat, dame de compagnie favorite de l'impératrice Eugénie pendant la fin de son règne et durant son exil. Marie était une femme très belle, intelligente et compréhensive ; elle écrivit une autobiographie remarquable racontant ses années auprès du couple impérial.
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