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Auteur : Clémentine Gustin-Gomez
Date de saisie : 10/01/2007
Genre : Art - Peinture
Editeur : Faton, Dijon, France
Prix : 235.00 € / 1541.50 F
ISBN : 2-87844-083-8
GENCOD : 9782878440836
Sorti le : 10/01/2007
La querelle des Coloris qu'on appelle aussi querelle des Anciens et des Modernes - en rapport avec la littérature - opposa à partir des années 1670 la tradition du XVIIe siècle fidèle à l'art de Poussin, où l'oeuvre peinte se construit sur le dessin, à une conception nouvelle inspirée des Vénitiens et de Rubens, où sont mises en oeuvre en priorité les ressources du coloris. Charles de La Fosse n'intervint pas dans la querelle qui faisait rage au sein de l'Académie. Il imposa le goût nouveau par l'exemple. À l'église de l'Assomption, aux Invalides, aux Grands Appartements et à la chapelle royale de Versailles, son talent de coloriste et l'aisance de ses compositions utilisant toutes les vibrations de la lumière emportèrent les suffrages et firent de lui le maître des Modernes. Entre Le Brun et Watteau, La Fosse ouvre la voie à la peinture du XVIIIe siècle.
Clémentine Gustin-Gomez a bénéficié des encouragements et du soutien des historiens les plus qualifiés de la peinture française du XVIIe siècle, notamment d'Alain Mérot, Pierre Rosenberg, Antoine Schnapper et Jean-Pierre Cuzin. Après dix années de recherches sur le peintre, elle a soutenu sa thèse de doctorat en Sorbonne recevant les félicitations du jury décernées à l'unanimité. Cette thèse enrichie de quelques découvertes très récentes donne la matière de l'ouvrage publié en deux volumes.
L'apprentissage chez Charles Le Brun
Sa formation de dessinateur et de graveur a trouvé son achèvement dans l'atelier d'un peintre. Nous n'avons malheureusement pas retrouvé le contrat d'apprentissage de La Fosse s'il a existé. Pourquoi s'est-il trouvé dans l'atelier de ce dernier ? Probablement grâce à des contacts amicaux que nous ignorons et parce que Le Brun était sollicité par de nombreuses commandes, tant de décors que de tableaux de chevalet. Les Mémoires inédits précisent qu'«il entra chez M. le Brun, qui fut depuis Premier peintre du roi, où il resta jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, qu'il fit le voyage d'Italie». Une période, donc, d'environ trois ans. Il n'«eut point d'autre maître que ce grand homme. Sa docilité et son ardeur au travail lui firent faire des progrès rapides qui le rendirent de bonne heure digne des bienfaits du Roi». Durant cette période, La Fosse travailla auprès de Charles Le Brun sur le chantier du séminaire de Saint-Sulpice et à l'hôtel Lambert, où il a pu se familiariser avec les règles imposées par le grand décor.
Comme l'a signalé Henry Jouin, Charles Le Brun a signé un contrat le 7 décembre 1654 avec le supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, Jean-Jacques Ollier, pour exécuter le plafond, l'ensemble du décor de la chapelle et dix tableaux «représentant les mystères de la Sainte Vierge», moyennant 14 000 livres. Jacques Thuillier cite Nivelon, qui précise qu'en 1655 il peignit «dans l'espace de quatorze semaines» le plafond de ladite chapelle «aidé de La Fosse, alors âgé de dix-neuf ans, et des frères de Sève» ; il fut payé pour son ouvrage 4000 livres. Le plafond voûté évoque le triomphe remporté par la Vierge sur l'hérésie de Nestorius au concile d'Éphèse. La Vierge est au centre de la composition, soutenue par une masse compacte d'anges l'élevant vers le Père éternel qui lui tend une couronne. Au-dessous sont représentés les docteurs de l'Église et les patriarches. «L'oeuvre jadis fort célèbre fut détruite ; il ne subsiste, outre une série de dessins, qu'une gravure en trois feuilles de Simonneau. Une réduction (copie en vue de la gravure ?) se trouvait au musée de Wilanow ; elle semble avoir disparu pendant la guerre». Un dessin de l'atelier de Le Brun (Louvre, inv. 30 195) reproduit le décor. La Descente du Saint-Esprit (Louvre, inv. 2888, probablement une réplique), tableau ambitieux destiné à orner l'autel principal, pour lequel Le Brun a été payé 900 livres, a été la seule oeuvre exécutée de la série des dix toiles projetées. L'intérêt de Le Brun pour le séminaire de Saint-Sulpice s'était, semble-t-il, distendu (pour des raisons financières ?).
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