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Un superbe rosier pousse entre les os blanchis d'un squelette et devient le théâtre d'un curieux phénomène...
Lors de ses banquets, le Comte Enamorado remercie ses plus jolies invitées d'une façon bien surprenante...
Imaginez qu'un rosier devienne votre animal de compagnie, que vous conversiez avec un cadavre qui vous ressemble étrangement... Ou que des fleurs se flétrissent dès que vous les touchez...
Estelle Valls de Gomis, l'auteur du Cabaret vert - coup de coeur 2006 des Bibliothèques de Paris - honore de sa plume la délicatesse des roses et la décadence des monstres, à travers ce diadème de nouvelles d'un rare raffinement. Assurément, un inoubliable moment de lecture.
«Une digne descendante des grands auteurs décadents de la fin du XIXe siècle.»
D-Side
«Un romantisme sombre dénué de tout cynisme mais jamais de beauté.»
Crypt'O Goths
Les courts extraits de livres : 15/05/2007
Arisztid resta un moment silencieux, comme digérant les informations que venait de lui livrer son psychiatre. Un petit courant d'air frais balaya ses longues mèches sombres tandis que Dionysus Vardalekovitch se levait pour se servir un verre.
«Je ne vous offre pas à boire je suppose, Arisztid ?
- Merci docteur, non. Je suis obligé de régurgiter la nourriture...
- Enfin, vous voyez, Arisztid, tout cela pour vous dire qu'excédé par le fait que l'on se moque de moi en raison de ma trop grande gentillesse, j'avais fait peur à cette femme puis l'avais tuée. Je n'en ai pas tiré une grande satisfaction malgré mon impunité, car beaucoup de gens ont continué à profiter sans peur de mon bon caractère et du fait que j'étais «trop beau pour un jeune homme.»
- Je vois ce que vous voulez me dire docteur... Merci.
- Ne me remerciez pas Arisztid, c'était un plaisir de vous aider. Ne commettez pas l'erreur de faire le mal, apprenez à vous accepter. Je ne trahirai pas votre secret.
- Ni moi le vôtre.»
Les deux hommes échangèrent une chaleureuse poignée de main et Arisztid reprit son périple nocturne.
Il passa devant la maison d'un vieux monsieur qu'il aimait bien.
L'homme était une ancienne gloire hongroise qui vivait en reclus, un peu tristement. Souvent, lors de ses promenades, Arisztid l'avait croisé au détour d'une rue, ou était venu l'observer derrière ses fenêtres, depuis le trottoir. Il ne savait pas pourquoi, mais il s'était pris d'affection pour ce vieillard aux cheveux soigneusement gominés en arrière et aux impeccables costumes noirs. Parfois, il déposait un petit cadeau devant sa porte et revenait le lendemain pour savoir si son présent avait rendu heureux son destinataire.
Arisztid fit quelques pas vers le parc floral qui se trouvait non loin de là et cueillit une poignée de roses bourbon sur un massif. Il retourna ensuite déposer son beau bouquet devant la porte du vieil acteur hongrois, sachant que la rosée et le petit matin garderaient leur fraîcheur aux fleurs. Puis il regagna rapidement la maison des Lindvall.