Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Après trois années d'enquête dans la province paysanne de l'Anhui, à l'ouest de Shanghai, les auteurs, tous deux écrivains et journalistes chinois, dressent le portrait dramatique des paysans pressurés d'impôts, méprisés et asservis par des potentats locaux. Ignorée par une bureaucratie fédérale impuissante à faire appliquer ses réformes fiscales, c'est la paysannerie qui paie la facture de l'industrialisation de la Chine. Au travers de nombreux témoignages et de récits d'affaires criminelles, les auteurs montrent que la structure ancestrale de l'État chinois n'a pas changé avec le communisme. Le gouvernement de Pékin ne parvient pas à faire appliquer ses décisions par les chefs de villages, de districts ou de régions qui, tout en appartenant au parti communiste, ne sont que les successeurs des anciens seigneurs de la guerre. Les paysans chinois aujourd'hui montre aussi le courage et l'obstination de ces paysans dont certains, aujourd'hui encore, vont jusqu'à payer de leur vie pour que leurs concitoyens des campagnes ne soient plus les éternels exclus du progrès et de la modernité.
Chen Guidi est membre de l'Association des écrivains de Chine. Il a publié des romans, reportages, essais et scénarios. Ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues.
Wu Chuntao est diplômée du département de chinois de l'université de Nanjing. Elle est auteur de romans, essais, reportages et scénarios. Elle a obtenu le prix de la «littérature contemporaine».
Les courts extraits de livres : 16/05/2007
Glissement du centre de gravité
Cependant, le 20 octobre 1984, la 3e session du XIIe congrès du PCC décida de lancer la réforme urbaine. Ainsi, le centre de gravité de la réforme se déplaça de la nouvelles exigences pour la réforme et l'économie rurales tout en leur procurant de nouvelles opportunités, situation dans laquelle les deux fronts de la réforme devaient s'harmoniser et se renforcer. Mais cette situation souhaitée ne se concrétisa pas. Toute réforme nécessitant des investissements, le changement du centre de gravité impliquait de faire pencher la balance de la distribution des revenus en faveur des citadins. Ce qui plongea encore une fois l'économie rurale dans les difficultés.
Chaque année depuis 1982, la direction émettait un décret n° 1 sur la réforme rurale. Cela dura cinq ans et ces documents jouèrent un rôle important dans la Réforme. En 1984, lors de l'anniversaire de la République populaire, les paysans défilèrent avec une énorme banderole portant «Le décret n° 1 est de première !» sur la place Tienanmen. Mais plus tard, la fréquence des décrets diminua, ils devinrent de plus en plus vagues. Ne restaient que des principes, sans idées ni mesures nouvelles. Ils finirent par être enterrés silencieusement. L'économie rurale venait à peine de ressusciter que les gouvernements des différents échelons augmentèrent le prix des moyens de production et les impôts pour prendre l'argent dans la poche des paysans.