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Auteur : Augusten Burroughs
Traducteur : Christine Barbaste
Date de saisie : 03/05/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4022
Prix : 7.80 € / 51.16 F
ISBN : 978-2-264-04377-1
GENCOD : 9782264043771
Sorti le : 03/05/2007
Augusten, autodidacte ambitieux et la vingtaine bien tapée, se trouve propulsé comme créatif dans l'univers impitoyable de la publicité à New York. Seulement voilà, toujours hanté par les démons de son passé, le jeune homme voue un amour immodéré à l'alcool sous tous ses dérivés. Une tare qui l'expulse illico de sa boîte de Pandore pour le catapulter dans un centre de désintoxication aussi gay qu'invraisemblable et tout bonnement décalé... Avec son style incomparable, un humour et une détresse touchants, Augusten Burroughs nous surprend une fois encore en nous offrant une nouvelle tranche de sa drôle de vie et une belle leçon de fraternité.
«Augusten Burroughs est un surdoué des lettres.»
Elle
Rien dont on puisse être fier
Quelqu'un est censé venir me chercher à mon arrivée à l'aéroport du Minnesota. Tandis que l'avion, mis en attente, décrit des cercles avant de pouvoir atterrir, j'essaie d'imaginer à quoi peut bien ressembler la personne qui m'accueillera, puisque au téléphone, l'administrateur n'a pas pu me fournir de description.
«Ce sera l'un des assistants de l'équipe, j'ignore encore lequel. Il vous reconnaîtra, soyez sans crainte.»
Je me demande bien comment il va me trouver. Les alcooliques émettent-ils un genre de phéromone parfumée au daïquiri que seuls les autres alcooliques peuvent percevoir ? Dans ma tête, je vois un homme plus âgé que moi, une figure paternelle avec une barbe freudienne et un regard complice d'alcoolique repenti, adouci par des années d'abstinence et d'épanouissement intérieur. Peut-être citera-t-il le Yi King dans la voiture.
Tandis qu'il se prépare à atterrir, l'avion donne l'impression de tanguer violemment, à cause du vent de travers, je crois. D'abord, une aile va heurter le tarmac, et le réacteur va exploser. Ensuite, l'autre côté de l'appareil heurtera à son tour le sol, et son réacteur explosera à son tour. Puis, la boule de feu dévalera la piste, éparpillant sur son passage débris de carlingue et morceaux de corps, avant de s'immobiliser dans un champ au-delà des pistes - un tas fumant, méconnaissable.
L'appareil se pose sur la piste sans ménagement, refait un bond en l'air, puis touche à nouveau terre. Au début, je me sens soulagé, puis, ce soulagement cède le pas à une peur bleue.
Une fois dans l'aéroport, je m'efforce de prendre des poses de New-Yorkais afin que l'alcoolique repenti qui va me servir de chauffeur puisse me repérer plus facilement. En dépit d'un ciel couvert, je porte des lunettes noires pour masquer mes yeux injectés et bouffis. J'essaie de ne regarder personne. Je me comporte comme si j'étais au Gotham Bar & Grill, lassé de croiser la sempiternelle bande de mannequins et d'acteurs. Je me poste à côté du carrousel à bagages, mes deux sacs pleins à craquer à mes pieds. Ce sont les mêmes sacs qui m'ont suivi sur tous les tournages à travers le monde, et que j'embarque maintenant en cure de désintox. Une vraie trahison.
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