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_ Ecrit dans les cordes : boxe et littérature

Couverture du livre Ecrit dans les cordes : boxe et littérature

Auteur : Elise Dürr

Préface : Jacques Paulhan

Illustrateur : Françoise Chaussin | Claude Thomasset

Date de saisie : 13/01/2007

Genre : Anthologies

Editeur : Elocoquent, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 2-86826-008-X

GENCOD : 9782868260086

Sorti le : 13/01/2007

Charlotte Etasse - 01/06/2007


  • Les présentations des éditeurs : 23/05/2007

ÉCRIT DANS LES CORDES
Préface de Jacques Paulhan

Illustrations originales de Françoise Chaussin, Claude Thomasset et Jean-José Hodara

«A ces mots, il rejette de ses épaules son double vêtement, montre à nu ses membres nerveux, ses grands os, ses bras terribles, et se pose, colosse énorme, au milieu de l'arène.»

VIRGILE

«La boxe, le Noble Art, l'escrime des poings,
Le ring, une arène,
Le combat, une bataille, un bras de fer,
Le boxeur, un gladiateur,
Le K.-O., une mise à mort réglementée.»

MAHYAR MONSHIPOUR

Dans ces cordes crissent la colère des boxeurs, l'ardeur de Pollux, la supplique de Cocteau et la sagesse de Brown, la grâce de Carpentier, l'hébétude de Schaaf, le rire de Dieu et la joie d'Halimi. Tous ici se lèvent et, par un généreux effort, usent leurs forces à nous dire que «le dernier des hommes est encore notre frère».

Ainsi vont ces pages, où les voix familières de Baudelaire, Ellroy, Queneau, Virgile, London, Camus, Baricco, Hemingway, se mêlent à celles, inédites, de Philonenko, Bénard, Paulhan, Bruneau, Illemay et Monshipour, et portent haut une parole d'homme.

E. DÜRR



  • La revue de presse - Le Nouvel Observateur du 17 mai 2007

De nombreux poètes, romanciers, philosophes se sont, depuis l'Antiquité, passionnés pour la boxe. Un essai retrace l'histoire de cette fascination. Qu'est-ce qui leur prend, à tous ces grands écrivains, ces poètes, ces plumes si finement taillées, à se pencher sur un ring d'où ne jaillit que violence, sang et sueur ? La boxe se prétend un art, la voilà littérature. Au départ, ce n'est qu'une invention de Lacédémoniens, dit Philostrate. Ces guerriers ne portent pas de casque, et pour parer les coups qu'ils reçoivent au visage ils «font le poing», on appelle cela «pugilat». Puis vient le ceste, gant de cuir à lanières redoublées agrémenté de lamelles de métal, arme de destruction massive qui fait du combat un corps-à-corps avec la mort...
Et tous, écrivains réunis autour des cordes, Virgile, Homère, Baudelaire, Queneau, London, Ellroy, Mailer, Hemingway, Carpentier, Montherlant, Morand, Camus, Cocteau... tous nous disent que «le dernier des hommes est encore notre frère».


  • Les courts extraits de livres : 23/05/2007

Henry de Montherlant
...ce torse nu

Tout d'un coup, dans la galerie, à trois mètres au-dessus de nos têtes, la première apparition du corps humain. La rangée entière des spectateurs de la galerie baigne dans un halo gris fait d'ombre et de fumée de cigarettes. Et, au milieu des cinquante vestons qui émergent de la balustrade, ce torse nu. Un boxeur, de seize ans peut-être, déjà en tenue de combat, dont on entrevoit à peine le visage, dont la lumière n'éclaire que le torse, très réceptif de la clarté, parce qu'il est presque uni, comme le sont les corps de jeunesse... Ah ! plus question de rigoler.
La guerre, dit Nietzsche, «qui fait cesser toute espèce de plaisanterie». Ce jeune torse, lui aussi, fait cesser toute plaisanterie. Jusqu'à présent, on était ici dans de l'amu­sement, dans du trivial, osons le mot, dans du médiocre. Et ceci, c'est un autre monde. Miracle, d'autres que moi le sentent. Des regards se lèvent, les paroles s'espacent. Sans doute, ce boxeur en tenue, c'est d'abord l'annonce que le plaisir attendu ne va plus tarder. Mais ce n'est pas que cela. Pour ces Français de l'après-guerre, si esclaves du quotidien, si embourbés dans le petit, si fermés à tout idéal, ce premier torse nu - étrange, au ciel de la salle, comme un ange ou un démon, peint d'une main florentine, dans le registre supérieur de la toile, - c'est la porte soudain ouverte sur un monde plus haut, qui leur arrive avec une ondée de gravité.
Un monde plus haut, et il est le leur. Ô hommes ! Cette forme émouvante, ce n'est pas une forme irréelle, ce n'est pas le fantôme d'un paradis de mensonge : c'est le fils Guillet, le fils du plombier, celui qui démonte et remonte tout le temps sa bécane. C'est leur fils à eux, c'est leur frère, c'est eux-mêmes. L'homme de la tête baissée lève la tête et voit Dieu. Et il voit que, Dieu, c'est lui.

Les Olympiques.


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