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Auteur : Mark Nykanen
Date de saisie : 10/05/2007
Genre : Policiers
Editeur : Fleuve noir, Paris, France
Collection : Noirs
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-265-08340-0
GENCOD : 9782265083400
Sorti le : 10/05/2007
L'ange de la vérité... ce nom évoque tout ce qui est bon, juste, noble. Et celle qu'on surnomme ainsi, Suzanne, consacre effectivement sa vie à réunir les mères qui ont accouché sous X et les enfants qu'elles n'ont souvent pu tenir dans leurs bras que pendant quelques secondes. Ce que ses clients ignorent, c'est que Suzanne a elle aussi abandonné un enfant, et que, depuis, la culpabilité la ronge jour et nuit. Ce fils, elle n'a jamais réussi à le retrouver... Quand un homme qui se fait appeler «l'Enquêteur» la contacte en affirmant avoir localisé son enfant, l'espoir renaît en Suzanne. Puis l'horreur la submerge lorsque l'Enquêteur lui révèle son plan diabolique : il tuera systématiquement toutes les mères figurant dans les fichiers de Suzanne. Et si elle cherche à l'en empêcher, son fils et sa petite-fille, dont elle ignorait l'existence, mourront...
Un thriller ténébreux, violent, mais d'une efficacité redoutable. Un sujet d'une actualité brûlante. Un formidable nouveau talent qui sonde implacablement les recoins les plus sombres de l'âme humaine...
Après avoir cumulé les expériences de rédacteur/chroniqueur dans les domaines de la presse, de la radio et de la télévision, Mark Nykanen est devenu journaliste d'investigation pour NBC News, tâche pour laquelle il a remporté quatre Emmy Awards. Il a également sillonné les quartiers de haute sécurité des prisons américaines, y rencontrant sérial killers comme petits délinquants.
Je viens de développer les photos de Karen et je suis sûr qu'elle n'a jamais été aussi canon. Au terme d'une autre séance fructueuse en chambre noire, je suis maintenant prêt à aller courir. À cette époque de l'année, c'est le rêve d'habiter la Vallée du Soleil : les températures oscillent entre vingt et trente degrés Celsius. Dommage que l'air soit si pollué !
Juste devant chez moi, une vieille Dodge arrêtée au feu rouge crache des nuages de fumée, véritable poison bleuté. Ça n'a rien d'extraordinaire. Mon territoire est cerné par la circulation, car j'habite à l'angle de deux rues très fréquentées. Les voitures passent devant ma tanière à longueur de journée, mais personne n'y jette un coup d'oeil attentif. J'ai bien observé le ballet des automobilistes et je sais que j'ai raison. Au volant, ils téléphonent, fument ou se curent le nez, mais ils ne prennent jamais le temps d'admirer mon humble demeure, dont la banale façade en stuc ocre est aussi anonyme qu'un grain de sable sur la plage. De l'extérieur, on ne remarque rien mais, à l'étage, ma chambre noire abrite un agrandisseur, du papier photo et un tas de produits chimiques.
À l'heure qu'il est, les clichés de Karen sèchent sur des fils que j'ai tendus à travers la pièce. Rien que d'y penser, ça me donne la pêche.
Mes voisins non plus ne savent rien de moi. À leurs yeux, je ne suis qu'un psychologue fan de course à pied, point barre. J'ai l'habitude de m'entraîner au petit matin, quand la circulation n'est pas encore trop dense. Ça ne me dérange pas de boucler huit, dix kilomètres avant d'aller travailler mais, ce matin, je me contenterai d'aller au centre universitaire, où des étudiants ont monté leur exposition de photos annuelle. Elle a ouvert ses portes la semaine dernière, mais j'étais loin d'ici, occupé à prendre mes propres clichés, et, depuis mon retour, j'ai passé mes journées à les développer en agrandissant mes détails préférés.
Quelques minutes plus tard, je longe la fameuse contribution de Frank Lloyd Wright à l'architecture locale : un immeuble en forme de gros gâteau d'anniversaire rose bonbon, baptisé le Grady Gammage Mémorial Auditorium. À l'époque, un membre du comité d'administration avait souligné «l'austérité» de Wright, mais je crois qu'il avait un féroce sens de l'humour et qu'il s'en est servi aux dépens des gens du quartier et des crétins qui ont financé une horreur pareille.
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