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.. Vauban

Couverture du livre Vauban

Auteur : Anne Blanchard

Date de saisie : 09/05/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-213-63410-4

GENCOD : 9782213634104

Sorti le : 09/05/2007

Joachim Salinger - 31/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2009

Avoir servi les armées françaises pendant pas moins de cinquante-deux années ; avoir pris part à près de cinquante sièges victorieux (parmi lesquels ceux de Strasbourg et de Lille) ; avoir - en qualité de commissaire général des fortifications -«cadenassé» plusieurs dizaines de places et avoir créé neuf villes... Avoir plaidé en faveur du Rappel des huguenots peu de temps après la révocation de l'édit de Nantes et conçu le projet d'une Dîme royale pour réformer une fiscalité aussi injuste qu'incohérente : autant de titres qui ont valu à Sébastien Le Prestre, sieur de Vauban (1633-1717), une gloire et une popularité inentamées qui l'ont pour ainsi dire momifié et ont permis de forger une légende dorée : n'a-t-on pas fini par faire de ce serviteur zélé de la monarchie absolue un devancier des Lumières, de cet artisan du «pré carré» louisquatorzien l'un des premiers théoriciens des frontières naturelles et de ce soldat inflexible une sorte de saint laïc ?
On en oublie les efforts déployés dès son jeune âge par un rejeton de la petite noblesse du Morvan pour accéder aux plus hautes charges et s'intégrer aux grandes clientèles de la Cour, solliciter grades et gratifications, arrondir son domaine morvandiau, allier ses filles à des familles huppées (en cela il ne diffère guère des autres grands commis de Louis XIV). Ce n'est pas diminuer les mérites et le rôle de Vauban que - grâce à des documents jusque-là inexploités - de le replacer dans son milieu, dans son cadre de vie, dans les mentalités de son temps. C'est au contraire donner tout son sens et toute sa singularité à l'oeuvre d'un stratège authentique, d'un ingénieur et architecte aux vues révolutionnaires, d'un organisateur infaillible, d'un observateur attentif des réalités sociales et économiques d'une France parcourue en tous sens des décennies durant. Démêler la part de vérité et la part de légende relatives à un personnage aussi incontesté que Vauban, c'est enfin envisager l'histoire militaire du Grand Siècle d'un oeil radicalement nouveau.

Parue pour la première fois en 1996, cette biographie est devenue l'ouvrage «classique» sur Vauban. En voici une nouvelle édition revue et corrigée, à l'occasion de l'année Vauban célébrée par de nombreuses institutions françaises et internationales.

Professeur à l'université Paul-Valéry, Anne Blanchard (1921-1998) a axé ses recherches sur l'histoire militaire (en particulier sur les ingénieurs et leurs oeuvres) et sur le passé du Languedoc.


  • Les courts extraits de livres : 17/05/2007

La peste

Si les hostilités restent circonscrites à la plaine de Saône, en revanche la peste qui accompagne les armées se répand rapidement de la zone des combats dans toute la province, d'autant plus vite qu'il y a déjà des foyers de contagion endémique. Dès le printemps de 1636, la peste «infecte» Dijon d'où elle chasse Henri de Bourbon qui se réfugie avec les états bourguignons à Beaune. Pour mieux préserver de la maladie contagieuse son fils aîné, le jeune duc d'Enghien, qui est venu le rejoindre depuis peu, monseigneur le prince envoie celui-ci à Avallon qui est encore indemne et «où l'air est bon et tempéré» selon ce qu'en écrit le jeune duc qu'on espère avoir écarté de la sorte «des périls de guerre et de peste».
L'ancienne cité ligueuse, située à la limite du Morvan et de la plaine, avait déjà tremblé en 1634 lors d'une première incursion de la maladie. Mais cela avait été sans lendemain. En 1636, il semble d'abord que tout danger soit écarté de la région. Cependant en juillet, apprenant l'avance galopante de l'épidémie, les échevins avallonnais s'inquiètent sérieusement et prennent des mesures énergiques pour prévenir, du moins l'espèrent-ils, tout risque de contagion. La ville aura «portes fermées, guichets gardés [...] pour [...] ne laisser entrer aucun estranger. On depulsera hors la ville, dans les loges», ceux dont la santé semblerait suspecte. On parfumera les maisons infectées et tous ceux qui sont autorisés à y revenir. Pour assurer la police avec le bureau de santé précipitamment mis en place, appel est fait aux «retrayants de la ville», c'est-à-dire à des villageois des environs qui doivent un tour de guet à Avallon. Mais, à la fin d'août, alors que le danger d'infection est pressant et quelques cas de maladie inquiétants, les échevins découvrent avec indignation que «subrepticement, ces retrayants sont appelés pour le guet et garde en austres lieux qu'audit Avallon et ceux de Bornault, Champlois, Trinquelin et Saint-Léger-de-Foucherets [...] sont appelés pour faire le guet et garde de la maison de la dame de Ruères [Mme de Briquemault, encore elle] quoiqu'ils soient retrayants de ladite ville d'Avallon et que pour ce faict ladite dame de Ruères ayt obtenu de Monseigneur le Prince que les-dits habitants yroient au guet et garde en ladite maison de Ruères...». Voici là un nouveau motif de mécontentement contre les calvinistes du coin !


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