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La réédition de ces uvres permet de découvrir celui que Georges Henein appelait " un grand seigneur qui fit voeu de poésie ".
Ce volume inédit est accompagné d'un appareil critique et de présentations qui situent l'oeuvre de Rassim dans le contexte de l'Égypte des années 1930-1950.
Ahmed Rassim (1895-1958) est l'un des plus originaux et des plus doués des écrivains égyptiens d'expression française. Créateur entre deux mondes, pensant en arabe et écrivant en français, il est l'auteur d'une oeuvre aujourd'hui injustement oubliée. A la lisière du surréalisme, son oeuvre poétique mêle la tradition de l'Orient à une esthétique occidentale. Ses personnages de fiction, ceux du Petit Libraire Oustaz Ali ou du journal d'un pauvre fonctionnaire, nous apparaissent aujourd'hui comme des anti-héros proches de ceux d'Albert Cossery, empreints de sensualité, de sagesse et de fatalisme.
La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 18 mai 2007
Il était temps de rendre justice à ce monde évanoui. Après avoir remarquablement édité l'oeuvre de Georges Henein au début de l'année dernière ("Le Monde des livres" du 3 février 2006), les éditions Denoël rendent hommage à un autre auteur, moins connu, Ahmed Rassim (1895-1958). Ses textes ont été réunis par Daniel Lançon, excellent spécialiste de cette période, qui les présente et les éclaire par des notes d'une grande précision...
C'est de la poésie orientale en langue française, mais une poésie très libre, qui se moque des rimes et des césures. Georges Henein, très admiratif, y voyait des "cantates à deux voix", ayant fondu "dans un seul moule le parler populaire arabe direct et le lyrisme subjectif avec ses volutes et ses subtilités"...
"J'écris pour tuer le temps qui me tue", indiquait ce marginal, pour qui l'humour était aussi une manière de dédramatiser la douleur. Il a su offrir au français quelques trésors de l'arabe. Comme le souligne justement Daniel Lançon dans sa postface, c'est "le paradoxe d'un Oriental qui trouve sa parole dans la langue de l'autre".