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A quinze ans, il combat aux côtés des troupes françaises contre l'Allemagne.
A quarante, correspondant de guerre sur le front russe, il rédige Kaputt, l'un des romans les plus hallucinés jamais écrits sur les horreurs nazies. Il passe du socialisme au fascisme avant de devenir un farouche opposant de Mussolini, qui le relègue à Lipari, et de se convertir sur le tard au maoïsme. Mais entre-temps il termine Technique du coup d'Etat, un livre implacable qui a pour sujet la dictature.
En matière de mégalomanie, il ne craint personne. Il intitule un recueil de nouvelles Une femme comme moi, et trouvant l'idée bonne répète à tout propos : un livre comme moi, un chien comme moi, une maison comme moi ! Cette maison, d'ailleurs, il la crée dans un site de rêve, à Capri. Godard y tournera Le Mépris avec Michel Piccoli, Brigitte Bardot et Fritz Lang. On l'aura compris : Malaparte, mort il y a juste un demi-siècle, est le meilleur personnage de son oeuvre - une oeuvre inquiétante, crépusculaire, drôle et désespérée.
Feuilletant le vaste roman de sa vie, Bruno Tessarech lui rend un émouvant hommage.
Bruno Tessarech a publié Villa blanche et La Femme de l'analyste aux éditions Buchet/Chastel.
La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 18 juillet 2008
Solitaire, transformiste, antipathique pour les uns, accueillant et généreux pour les autres, ce Toscan file entre les doigts et sa mégalomanie le rend encore plus insaisissable. Bruno Tessarech suggère tout cela avec une élégance de dandy, un plaisir vagabond. Il évite l'hommage appuyé, préfère suggérer, revenir en arrière, rectifier une éventuelle erreur. Ce portrait pointilliste est une réussite puisqu'il laisse de la place pour la rêverie et l'envie de lire cet écrivain négligé, mort il y a tout juste un demi-siècle.
La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 17 mai 2007
Bruno Tessarech le souligne opportunément dans son beau livre : ce Byron toscan, qui aimait la vie des salons comme un combat moucheté, resta à jamais le soldat gazé en 1918 avec sa section de lance-flammes. La guerre, où il affronta non sans panache les vérités tristes de la pitié, n'était pour lui que l'histoire de «cadavres en sursis tuant d'autres cadavres en sursis». Il y a chez Malaparte quelque chose de médiéval et d'orné, un salut nostalgique à l'Italie des luthiers de Crémone et des duchés armés. Baroque autant que secrètement déchiré, son itinéraire ressemble à une phrase de Pessoa : «Les livres prouvent que la vie ne suffit pas.»