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_ Les essais

Couverture du livre Les essais

Auteur : Michel de Montaigne

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Littérature, essais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Bibliothèque de la Pléiade

Prix : 69.00 € / 452.61 F

ISBN : 978-2-07-011505-1

GENCOD : 9782070115051

François Attia - 01/06/2007


François Attia - 31/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 08/06/2009

Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l'auteur d'un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d'un homme retiré, jouissant d'un exil intérieur propice à l'exercice du jugement. C'est dans l'espace qui s'étend entre ces deux figures, l'homme à cheval et l'homme de papier, qu'il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement «l'écrivaillerie» de son temps et combat la culture livresque lorsqu'elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en «parlerie», il use d'un langage «coupé», d'un style primesautier - «soldatesque», dit-il. Non content d'inventer une forme, l'essai, il se dote d'une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l'exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu'il ne nous enseigne pas : il nous parle - de lui, de l'humain à travers lui, et donc de nous. D'une voix et sur un ton jusqu'alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l'esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). Montaigne est à l'Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l'attend, et c'est le gage de sa survie. C'est pourquoi, alors que tant d'ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant.
Ce livre, on le publie ici d'après la seule version imprimée de l'ultime état du texte : l'édition posthume de 1595, aujourd'hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l'auteur. Afin d'en faciliter la lecture, les notes sur le vocabulaire et la syntaxe, ainsi que la traduction des citations, figurent au bas des pages. Les sentences peintes sur les poutres de la «librairie» de Montaigne et les notes qu'il a portées dans les marges de ses livres complètent le volume.



  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 20 juin 2007

Au-delà de ces interrogations d'exégètes, ce beau volume de la Pléiade est surtout une invitation à lire, relire encore et toujours ce grand texte bienfaisant, proliférant et inépuisable...
Autoportrait d'un gentilhomme du XVIe siècle fermement ancré dans son temps. Autoportrait d'un lecteur et d'un érudit. Autoportrait d'un individu tout à la fois épicurien et inquiet, loyal et humaniste, sceptique et pieux, qui s'interroge sur les artifices et les mensonges de la vie sociale sans céder à l'amertume.


  • La revue de presse Marc Fumaroli, de l'Académie française - Le Monde du 15 juin 2007

Editer un monument universel de la littérature est l'un des grands arts de la République des Lettres, mais le moins vanté. Comparable au talent controversé de restaurer une fresque, un tableau ou des vitraux célèbres, il est apparenté à un autre art injustement traité, la traduction, elle-même soeur aînée de ces autres arts plus visibles et mondains que sont l'adaptation et la mise en scène de romans, nouvelles ou pièces de théâtre pour les planches ou pour l'écran. Mais tandis qu'éditeurs de textes, restaurateurs et traducteurs restent le plus souvent dans l'ombre, adaptateurs et metteurs en scène reçoivent volontiers l'auréole des "créateurs"...
La nouvelle "Pléiade" des Essais, oeuvre de longue haleine d'une savante équipe, Jean Balsamo, Michel Magnien et Catherine Magnien-Simonin, est une édition philologique, destinée comme le Quichotte grand format de Rico, à s'imposer comme le mètre-étalon du texte de Montaigne. Elle adopte pour base la dernière édition, augmentée du tiers et préparée par Montaigne, mais que sa "fille d'alliance", l'étonnante Marie de Gournay, en plein accord avec la veuve, fit imprimer avec un soin jaloux, trois ans après la mort de l'auteur, en 1595, en format in-folio, chez le libraire L'Angelier, à Paris...
En prime, une chronologie montaignienne entièrement révisée et une série de documents difficiles d'accès, présentés avec science : les sonnets de La Boétie supprimés en 1588, les marginalia de Montaigne à plusieurs ouvrages imprimés, le recueil de sentences latines et grecques peintes sur les poutres de sa bibliothèque. Bref, une somme dont aucun des nombreux amis déjà gagnés à Montaigne ne peut plus se passer.


  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 24 mai 2007

«L 'ignorance et l' incuriosité sont deux oreillers fort doux; mais pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne.» La vingt-septième des Pensées philosophiques de Diderot dit bien pourquoi une nouvelle édition des Essais est bienvenue. Parce que c'est une bénédiction de lire, relire ou relire encore Montaigne, et que toute occasion est bonne. Lettre de Flaubert : «Je lis du Montaigne maintenant dans mon lit. Je ne connais pas de livre plus calme et qui dispose à plus de sérénité. Comme cela est sain !» On pourrait dire, non pas que les Essais cette nouvelle édition ajoute l'article au titre habituel apportent une réponse à toutes les questions que le lecteur peut se poser, mais qu'il permet de trouver un réconfort à tous les états dans lequel ce lecteur peut se trouver. Montaigne apparaît comme ce que l'humanisme a de meilleur, mélange de simplicité et d'érudition, d'intelligence, de tolérance et de générosité, ouverture dans ce que le terme a de plus respectable.


  • La revue de presse Philippe Sollers - Le Nouvel Observateur du 17 mai 2007

Le temps passe, mais les «Essais» se transforment en eux-mêmes. L'édition en Pléiade de la version de 1595 (celle de Marie de Gournay) paraît aujourd'hui, accompagnée d'un album superbe. C'est le livre que vous attendiez, c'est votre devoir de mémoire, il doit présider à vos jours, vous ne pourrez plus le quitter...
Mais l'essentiel, qui l'accompagne partout, c'est son livre, son corps devenu livre, un livre nourri de livres puisque lire et écrire forment un même tissu sanguin et nerveux. «Mon livre me fait» ; «Nous allons conformément et tout d'un train, mon livre et moi.»...
Comme quoi, me disais-je, un homme, bien qu'homme, peut avoir une vie divine. C'est ce qu'il fallait démontrer.


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