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Auteur : Sophie Merveilleux du Vignaux
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Politique
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Désinformation
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-268-06117-7
GENCOD : 9782268061177
Désinformation et services spéciaux : amis ou ennemis ?
Dans un monde où la maîtrise de l'opinion est le secret du pouvoir de tous les pouvoirs, on comprend bien l'enjeu stratégique que représentent les médias dans la sphère politique comme au sein des services secrets. Mais qui dit opinion et information dit aussi désinformation... Désinformation et services spéciaux étudie ce concept aux multiples facettes, et le met en lumière sous un jour nouveau : il se penche sur une pièce de théâtre où trois acteurs - les services spéciaux, les médias et le public - sont tour à tour victimes, manipulateurs et cibles de la désinformation.
Un cas d'école, l'affaire du Rainbow Warrior, illustre l'analyse de façon détaillée. Désinformation par l'erreur, par l'inversion des rôles, par la supposition, par l'image... Nous sommes mis en face des faits avec toutes les clefs de lecture quant aux procédés utilisés et aux résultats obtenus. Désinformation et services spéciaux nous donne ainsi à lire une approche à la fois concrète et richement documentée d'un thème qui passionne de plus en plus de lecteurs.
Sophie Merveilleux du Vignaux a reçu du Centre français de recherche sur le Renseignement le prix du jeune chercheur 2003 pour son mémoire de maîtrise à l'Ecole des Hautes Études politiques intitulé «Aux frontières du secret. La politique d'ouverture de la DGSE (1990-2003)». Elle collabore par ailleurs a des travaux collectifs sur le Renseignement.
Désinformation sur l'ennemi
Pour ce qui est de la seconde partie de l'étude, consacrée à la désinformation sur un tiers, un certain nombre de situations avancées par le professeur Durandin se vérifient dans la réalité.
Il peut tout d'abord s'agir d'enjoliver les capacités de l'adversaire et de présenter l'ennemi comme très puissant, voire invincible. L'utilisation de cette tactique permet de convaincre de la dangerosité de la cible. Dès lors que l'opinion est convaincue de la menace, il devient plus facile de légitimer une action ainsi que de justifier les budgets qui lui seront affectés. À l'été 1990, le secrétaire d'État Dick Cheney ainsi que le général Schwarzkopf annoncent que l'Irak, sur le point d'envahir le Koweït, possède la quatrième armée du monde. Pour le grand public, la révélation de cette information a immédiatement suscité son approbation pour engager des forces et des moyens financiers. Près de dix ans plus tard, lors de la seconde guerre du Golfe, ce sont les armes de destruction massive qui provoquent la mobilisation de l'opinion américaine. Autre avantage de cette technique, elle permet de préparer l'avenir. La victoire sur un ennemi présenté comme redoutable procure incontestablement un mérite certain. La suite a montré que toutes ces estimations étaient fortement surévaluées, si bien que le prestige de la victoire n'aura été que de courte durée. Mais comme souvent, les démentis surviennent trop tard, quand l'émotion suscitée est retombée ou quand l'information a été supplantée par une autre, si bien que, d'une manière générale, l'impact provoqué par une information est rarement effacé par son démenti, si étayé soit-il.
Inversement, une seconde approche consiste, elle, à décrédibiliser l'adversaire en le montrant faible. L'exemple libyen, qui sera traité plus loin, illustre également ce cas de figure dans lequel il s'agit de persuader l'opinion que la situation physique ou politique de l'ennemi ne lui laisse aucune chance de sortir vainqueur.
Enfin, le professeur répertorie également les cas où la désinformation consiste à présenter l'ennemi comme criminel. Selon lui, cette technique permettrait de justifier des combats. Les services peuvent ainsi oeuvrer à préparer l'opinion à une action militaire. C'était très clairement l'objectif de l'opération Northwoods. «Fournir une justification pour une intervention militaire américaine à Cuba», «l'opinion mondiale [...] serait encline à croire en l'image d'un gouvernement cubain téméraire et irresponsable, menaçant pour la paix dans l'hémisphère Ouest». Telles sont les recommandations d'un document déclassifié élaboré par le chef d'état-major américain de l'époque, l'amiral Lyman Lemnitzer.
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