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Dans ce livre, qui se présente comme un roman à épisodes, la grande romancière et nouvelliste russe Ludmila Oulitskaïa nous propose de subtiles variations sur le mensonge au féminin.
Car, d'après notre auteur, les mensonges des femmes se distingueraient nettement de ceux des hommes, et seraient presque toujours dépourvus de finalité. Génia, le personnage principal, est ainsi confrontée à toute sorte d'inventions ou d'affabulations. Comme le récit d'Irène, dont elle fait la connaissance en vacances en Crimée, sur la mort de ses enfants, qui l'émeut jusqu'aux larmes. La petite Nadia s'invente un grand frère, Lialia une liaison avec un peintre célèbre, et Anna se prétend poète...
Chaque nouvel épisode de ce roman à thème illustre à sa manière l'étendue du talent de Ludmila Oulitskaïa, la précision de son sens de l'observation, l'originalité de ses canevas et, surtout, une grande tendresse pour ses personnages et à travers eux pour l'être humain et ses faiblesses.
Ludmila Oulitskaïa est aujourd'hui un des auteurs russes les plus lus dans le monde. Mensonges de femmes est son huitième livre traduit en français et publié aux Éditions Gallimard.
La revue de presse Astrid Eliard - Le Figaro du 17 mai 2007
Les femmes sont de merveilleuses conteuses, elles fabulent comme d'autres chantent ou racontent des devinettes : pour la beauté du geste, sans calcul ni machination. Et les hommes ? Ils mentent utile. Pas de quoi, donc, leur consacrer un roman. Fascinée par les chefs-d'oeuvre de la mythomanie féminine, en comparaison desquels le suicide d'Anna Karénine peut sembler «un peu terne et avoir tout l'air d'un caprice de demoiselle écervelée», Ludmila Oulitskaia a prêté son talent de romancière à différents mensonges, véniels, attendrissants, dérangeants. Avec la dextérité de Pénélope, elle tisse une série de fables qu'elle s'amuse à défaire, une fois les menteuses démasquées...
Le mensonge est lettre morte sans une oreille pour l'écouter, tout comme un roman dépérit sans un oeil pour le lire. Dans Mensonges de femmes, où Ludmila Oulistkaia met astucieusement en abyme la création romanesque, l'auteur rend hommage à ses saintes patronnes les mythomanes.