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Un livre référence superbement illustré qui situe David Bowie au coeur d'un foisonnant réseau d'influences : celles qu'il a captées comme celles qu'il a exercées sur plusieurs générations d'enfants du rock. Son oeuvre, en perpétuelle mutation, a suscité d'innombrables vocations parmi les générations de musiciens qui se sont succédé dans les registres les plus divers depuis le glam rock des années 1970. David Bowie est l'artiste global par excellence, familier avec toutes les formes de création : musique, scène, cinéma, littérature, peinture, mode, graphisme... autant de langages dans lesquels il a laissé une empreinte indélébile.
Les courts extraits de livres : 09/06/2009
L'homme qui venait d'ailleurs
Pendant les séances de «Young Americans», Bowie est contacté par Nicolas Roeg pour le rôle principal de son nouveau film. Le réalisateur de Performance avec Mick jagger (1970), Walkabout (1971) et Dont Look Now (1973) est impressionné par le charisme du chanteur dans le documentaire d'Alan Yentob, après avoir pensé à Peter O'Toole. Une première rencontre en février se révèle convaincante malgré un retard de huit heures du chanteur qui avait complètement oublié leur rendez-vous...
Jusqu'à présent, les incursions de Bowie dans le cinéma n'avaient pas dépassé les frontières de l'avant-garde, correspondant à ses débuts hésitants partagés entre la chanson, le mime et le théâtre d'avant-garde. C'est aussi une histoire de rendez-vous manques, entre une audition infructueuse pour le rôle de David Copperfield, un bout d'essai dans Sunday Bloody Sunday pour un rôle échouant finalement à Murray Head (1971), des projets personnels restés en l'état et de nombreuses propositions non retenues dont la plus intéressante semblait être l'adaptation du roman de Robert Heinlein Stranger in a Strange Land (En terre étrangère). Mais dans ce dernier cas, il s'agissait hélas d'une supercherie montée de toutes pièces par De Fries en pleine tournée Ziggy pour obtenir une couverture de magazine... Une autre offre émanait de Liz Taylor qui voulait faire un remake du film de George Cukor The Blue Bird (L'Oiseau bleu), proposition que Bowie avait déclinée sans ménagement. D'autres rumeurs avaient alimenté les journaux.
La proposition très sérieuse de Nicolas Roeg arrive au bon moment pour Bowie, qui tente de se refaire une virginité artistique et de se reconstruire mentalement. De plus, il perçoit que ce projet d'ampleur internationale peut lui permettre de conquérir un nouveau public, celui de cinéphiles peu avertis du jeu de scène du chanteur de rock, et d'atteindre ainsi un statut de superstar polyvalente. Il accepte donc le rôle avec enthousiasme, prêt à consacrer plusieurs mois de son planning loin du milieu musical dans un sevrage total, étant entendu qu'il ne doit toucher à aucune drogue sur le plateau, ce dont il s'acquitte loyalement. Roeg se souvient de cet Anglais squelettique qui prenait son personnage à coeur, arrivait avec une valise remplie de bouquins de science-fiction, avec son manuscrit autobiographique The Return of the Thin White Duke, et des glaces qu'il ingurgitait à longueur de journée...