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.. Coronado

Couverture du livre Coronado

Auteur : Dennis Lehane

Traducteur : Isabelle Maillet

Date de saisie : 09/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Noir, n° 646

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 978-2-7436-1680-9

GENCOD : 9782743616809

Sorti le : 09/05/2007

Charlotte Thomas - 31/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 20/05/2007

Que ce soient deux anciens du Vietnam qui retournent dans leur ville natale, des adolescents qui mettent à sac la maison d'un camarade, un homme innocent traqué par des agents gouvernementaux paranoïaques, un père qui vient chercher son fils à sa sortie de prison, ou une jeune femme prise entre les feux d'une guerre des gangs, les personnages de Dennis Lehane nous sont familiers au départ et, très vite, leurs dérapages nous les rendent tour à tour effrayants et déchirants.

Rigueur de l'intrigue, tension psychologique et réflexion sur la nature humaine sont la marque de fabrique de l'auteur de Mystic river. Les passionnés de ses romans ne seront pas déçus par ce recueil où chaque texte est profondément habité par la voix de Lehane. Ils découvriront aussi avec intérêt sa première tentative d'écriture théâtrale, une pièce intitulée coronado, qui reprend la trame de la nouvelle avant gwen et la développe de façon originale. Cette pièce a été représentée Off-Broadway en 2005.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 27 juin 2007

Le format court convient bien à l'écrivain américain, rigoureux dans sa construction et ses dialogues. Qu'il parle d'adolescents prêts à tout saccager par dépit ou d'un homme traqué par le FBI, Lehane gratte la nature humaine, cherche ses contradictions et ses médiocrités, et parvient en quelques mots à dresser le portrait d'une société qui ne laisse aucune chance aux hommes fragiles.


  • Les courts extraits de livres : 20/05/2007

Si on avait gagné le dernier match de la saison, on serait allés jusqu'au championnat contre Lubbock Vo-Tech. La seule chance pour des gars comme nous, qui ont grandi dans un trou à rats, de se faire repérer par un dénicheur de talents, c'est de jouer en championnat. Et on était bien partis pour y arriver, c'est sûr, avant que les mains de Lyle Biddet se transforment en polystyrène. Il a fallu qu'il lâche ce foutu ballon deux fois, et North Park en a profité pour inscrire deux touchdowns, nous laissant assommés et transis sous le ciel noir du Texas, alors que les fans rentraient chez eux et que les projecteurs s'éteignaient.
Une semaine plus tard, quand mon conseiller d'orientation m'a demandé ce que je comptais faire de ma vie, quels étaient mes projets, à quoi j'allais m'appliquer, je n'ai pensé qu'à une chose : je veux appliquer mes mains sur la gorge de Lyle Biddet et serrer jusqu'à en avoir des crampes.
Lyle, lui, n'a jamais eu besoin de compter sur ce match de championnat. Il va entrer en fac quoi qu'il arrive. À SMU, si j'ai bien compris. Y a pire.

On a saccagé pratiquement tout le rez-de-chaussée quand la fille arrive. La chaîne stéréo a sombré dans la piscine en même temps que deux fauteuils en cuir étripés. Le frigo ouvert gît sur le carrelage de la cuisine. Les plantes vertes sont dépotées, les toilettes débordent dans le vestibule et ne me demandez même pas ce que les frères Lewis ont ajouté au motif chocolat du tapis.
Donc, on est plantés là, plus ou moins vidés, stupé­faits de voir le bordel qu'on a réussi à semer en quarante minutes sans en avoir jamais reçu l'ordre. Parce que c'est ça, le plus bizarre - la façon dont c'est arrivé. Ça s'est déchaîné d'un coup, comme une tornade, un tourbillon de rage aveugle, doué d'une vie propre, qui a tout dévasté chez les Biddet.
Soudain, la porte de la cuisine s'ouvre et la fille entre. Elle a des cheveux châtains raides, dont elle a tressé deux mèches au-dessus des oreilles. Elle porte des bottes blanches qui lui montent jusqu'aux genoux et une jupe à carreaux semblable à celle des nanas dans le privé - les bahuts de Jésus -, sauf que la sienne est éclaboussée de peinture rouge et que quelqu'un a des­siné sur sa cuisse gauche le symbole de la paix. Ses petits mamelons durcis pointent sous son T-shirt moulant façon tie-dye.


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