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«L'histoire dont Manou trace les contours, les péripéties de la vie, les souffrances, fut toujours en elle un poids, un mur difficile à franchir. Il fallait s'en débarrasser, s'exorciser, offrir à ses lecteurs tout ce long passé d'une enfance mouvementée mais malgré tout heureuse. Son but n'est pas de se ressasser ses souvenirs et en être prisonnière mais au contraire, vise à tourner une page de son existence.
Car ma vie a été semée d'embûches. J'ai joué parfois à des jeux dont j'ignorais certaines règles. Les hommes m'ont entraînée dans une relation où sexe, argent, manipulation prédominent. Animée par une sorte de vengeance et de haine à l'égard de ces hommes, ceux-là même qui avaient abusé de moi et de Blandine, j'ai alors livré un combat pour sauver l'honneur, la dignité de celle que j'aime le plus : Blandine».
A travers ce récit Manou nous procure tous les secrets de son enfance mêlée de misères mais aussi de courage.».
Les courts extraits de livres : 20/05/2007
Certains week-ends, je me rendais au village de mon père lorsque je n'avais rien à faire en ville. Histoire de me ressourcer, de m'imprégner de l'air frais et agréable de la campagne. L'atmosphère n'était pas autant souillée qu'en ville. Le côté impur de la vie m'engloutissait petit à petit, je ne faisais rien pour m'en sortir. A croire que cette vie me plaisait. Je devenais une exclue de la société, mon avenir était incertain. "Est-ce que j'y songeais ? Avais-je été influencée par la vie de ma mère ? " Je n'avais pas de réponse.
Je n'obtins pas de meilleures notes à la fin du trimestre. Je passai les vacances de Noël chez mon père à Yaoundé. J'avais convenu avec lui de passer le nouvel an en compagnie de ma mère et mes frères. Deux jours avant le réveillon, je pris le train pour me rendre à Makak. Je constatais avec effroi que Junior, mon petit frère n'était pas présent. Nous étions en décembre 1995. Junior allait avoir quatre ans.
Blandine m'avait raconté que, la nièce de son père l'avait emmené à Kribi pour passer les vacances et ne l'avait jamais ramené. Cela faisait des mois qu'elle n'avait pas eu des nouvelles de son enfant, elle était morte d'inquiétude. J'ai passé la nuit avec le reste de la famille, lui promettant de me rendre à Kribi et lui ramener son fils. Elle m'avait donné sa bénédiction. En fait, ma mère n'avait pas pu y aller plutôt, faute de moyens et Chaka n'avait qu'un an. Les déplacements avec lui n'étaient pas pratiques pour elle. Comme prévu, je me suis apprêtée rapidement pour ne pas rater le train jusqu'à Edéa. De là, j'allais prendre un bus en direction de Kribi.
J'arrivai à Kribi vers seize heures. Je fus hébergée chez mon amie Lariza. Ses parents étaient contents de m'accueillir chez eux. Son père l'était encore plus, il ne cessait de me rappeler combien j'étais jolie, ma mère devait s'estimer heureuse d'avoir une fille aussi jolie.