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.. Genèses, n° 66. Esclavage et droit

Couverture du livre Genèses, n° 66. Esclavage et droit

Préface : Jean M. Hébrard | Rebecca J. Scott,

Date de saisie : 19/03/2007

Genre : Histoire

Editeur : Belin, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7011-4610-2

GENCOD : 9782701146102

Sorti le : 19/03/2007

Joachim Salinger - 31/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 21/05/2007

Esclavage et droit

Les papiers de la liberté. Une mère africaine et ses enfants à l'époque de la révolution haïtienne
Rebecca J. Scott et Jean M. Hébrard

Ces «hommes dangereux» de 1848. L'amnistie à l'épreuve de l'abolition de l'esclavage
Myriam Cottias

Par-delà les plantations. Question raciale et identités collectives à Santo Domingo
Richard Lee Turits

Du bon usage de la traite des êtres humains. Controverses autour d'un problème social et d'une qualification juridique
Nadège Ragaru

Religion et mobilité sociale : l'ascension des marranes dans l'Espagne inquisitoriale (XVIe-XVIIe siècles)
Natalia Muchnik

SAVOIR-FAIRE

Enquêter dans un lieu public
Alexis Trémoulinas

FENETRE

À propos de l'histoire culturelle du Moyen Âge. La production des commentaires scolastiques (XIIIe-XVe siècle)
Bénédicte Sère

DOCUMENT

Femmes du monde : un sociologue enquête à Chicago en 1924
Christian Topalov

BIBLIOTHEQUE

RÉSUMÉS / SUMMARIES


  • Les courts extraits de livres : 21/05/2007

Les commissaires Sonthonax et Polvérel envoyés à l'automne 1792 par le gouvernement républicain pour tenter de résoudre la crise sont persuadés que le seul moyen, pour la République, de conserver sa colonie et d'en préserver les richesses est de satisfaire quelques-unes des revendications des hommes de couleur comme des esclaves. Cela devrait permettre de s'opposer aux menées des contre-révolutionnaires blancs, d'éviter une insurrection noire plus radicale et de limiter les risques d'une invasion par les Espagnols qui contrôlent l'autre moitié de l'île. Ils décident donc de lever des hommes armés - la Légion de l'Égalité -parmi la population de couleur et d'abolir l'esclavage dans le Nord. En octobre 1793, ils étendent la mesure au Sud. Dès lors, il n'y a plus d'esclaves dans la partie française de Saint-Domingue et plus personne ne peut revendiquer devant la loi d'être propriétaire d'un homme ou d'une femme (Dubois 2005a; Benot 1987).
Confrontés à la perspective de perdre tout contrôle sur les hommes et les femmes qu'ils considèrent leur appartenir, un groupe de riches planteurs blancs de Jérémie se tourne vers les forces anglaises stationnées dans l'île voisine de la Jamaïque. Les Britanniques voient là une occasion de prendre pied dans la colonie considérée comme la plus riche des Antilles. Les «tuniques rouges» débarquent à Jérémie à la fin du mois de septembre de l'année 1793. C'est là que vit Rosalie. L'arrivée des troupes britanniques remet évidemment en cause son imminente libération. Les propriétaires d'esclaves des paroisses occupées n'ont plus aucune raison de prendre en compte les décrets d'abolition arrachés par les rebelles. Toutefois, même s'ils ont été appelés, les Anglais restent confrontés à une forte résistance. Le général André Rigaud, un homme de couleur, a été chargé de défendre la République dans le Sud et multiplie les escarmouches. De plus, les «petits blancs» de la région ne se sont pas nécessairement rangés aux côtés des riches colons. Bérault de Saint-Maurice, un homme de loi de la ville des Cayes, les qualifie sans détour de «masse de Canaille attachée à la République» (Geggus 1982 : 68).
L'homme qui a désigné Rosalie comme son esclave, Michel Etienne Henry Vincent, était un veuf qui possédait une modeste plantation de café aux Abricots, sur le littoral d'une plaine fertile arrosée par un cours d'eau qui se jette dans la mer des Caraïbes. À la fin de sa vie, il était maréchal, ce qui à cette époque désignait un homme capable de s'occuper des chevaux et de les soigner. On ne sait rien de ses convictions politiques, mais on peut caractériser l'évolution de sa position sociale.


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