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Auteur : Gilles Verdet
Date de saisie : 03/05/2007
Genre : Policiers
Editeur : Buchet Chastel, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-283-02257-3
GENCOD : 9782283022573
Sorti le : 03/05/2007
Au Nord de l'Ecosse, au fond d'un loch protégé des fureurs de l'Atlantique, dans les eaux paisibles d'un petit port de pêche, Etienne Mouzon aperçoit au matin le corps d'un homme à demi dévoré par des goélands affamés.
Sur le périf parisien, un camion frigorifique renverse accidentellement sa cargaison de frais. Bruno, un SDF, remplit son sac des vingt kilos de cocaïne qu'il découvre sous les amas de poissons épars.
Sous la mer rôde un monstre marin chargé de mort, un Léviathan de ferraille, un sous-marin d'autrefois, sournois comme le destin d'aujourd'hui. Et qui va répandre le malheur telle une traînée de poudre. Pour Etienne, quinqua désabusé, débute une longue descente aux enfers de deuils et de vengeances. Pour Bruno, quinqua déjà usé, débute une courte vie de paradis artificiels et de promesses d'enrichissement rapide.
Bruno le vieux zonard, Etienne l'ex-taulard et Alfred, le policier écossais idéaliste, sont les fruits d'une époque bercée par les mêmes illusions. Flic, anar ou baba, chacun est, à sa façon, l'enfant de la même génération perdue, nourri au lait des mirages libertaires des années soixante-dix.
Les drames se trament en loucedé, le fatum avance à couvert. Chacun vit et meurt dans une réalité d'apparence. Etienne et Alfred solderont leur compte, comme on se libère du passé.
Gilles Verdet a déjà publié Une arrière-saison en enfer à la Série noire.
- S'il vous plaît, Etienne, baise-moi encore ! Judith maltraitait la grammaire avec un plaisir de gosse.
- Please ! Viens !...
Elle savait jouer de son accent, le faire chanter au bon endroit, histoire d'en ajouter un peu à sa lubricité naturelle.
- Encore une fois !...
Elle lui tendit un bras. De l'autre, elle serra les draps sur ses seins. Le geste inné de la séduction, dissimuler pour attiser le désir. Même après une heure d'étreintes, Etienne Mouzon savait qu'elle menait toujours la danse. Elle le fixait avec un voile gris dans le regard. Des cheveux collaient à son cou rougi au souvenir de ses caresses.
Il s'était approché de la petite fenêtre attiré par la corne du ferry. De la paume, il frotta la buée sur la vitre. Des larmes d'eau douce couraient en diagonale quand les humeurs du vent d'ouest giflaient le carreau. Devant lui, la marée montait et la pluie venait en amie caresser les bateaux, grossir les flaques et laver les filets qui s'entassaient sur le port.
- Please !... Donne-moi ton bite !
Il se tourna vers le lit. La chambre était chaude. Judith souriait.
- Come on !... Bientôt il fera soleil.
Dès qu'il fut à portée de main, elle attrapa son sexe. Il poissait un peu. Elle le ranima d'un geste cajoleur. Le mouvement ferme et appliqué lui redonna une allure plus solide. Elle se redressa aussi et le porta à la bouche. Elle l'attira au fond de sa gorge en serrant les bourses, le sortait à l'air libre et recommençait. Etienne sentit la chaleur de sa langue lui monter à la tête. Il tira le drap et enfouit son visage entre les jambes entrouvertes de Judith. Toujours, pour lui, elle gardait les bas. En bordure de la soie, les cuisses y étaient plus douces encore. Plus tard, quand leurs sexes se mêlèrent pour de bon, la pluie n'avait pas cessé mais la lumière avait changé. Un peu plus blanche et un peu plus douce. De son côté, le ferry virait avec finesse et pénétrait, lui aussi, en habitué.
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