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Auteur : Philippe Doumenc
Date de saisie : 04/05/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Domaine français
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7427-6820-2
GENCOD : 9782742768202
Sorti le : 04/05/2007
L'auteur invente une suite fort convaincante au célèbre roman de Flaubert avec audace et humilité. Contre ce qu'a pu en dire le créateur d'Emma, Philippe Doumenc postule qu'il y a eu assassinat dans la mort de l'héroïne. L'auteur du XXIe siècle dépêche donc deux policiers de la Restauration pour étayer sa thèse. Défilent alors devant nous et les deux inspecteurs tous les personnages du roman flaubertien, tenus de justifier leur emploi du temps.
Doumenc éclaire d'un jour nouveau ces habitants d'Yonville, devenus célèbres. On sent la tendresse particulière qu'il a pour quelques-uns, l'envie qu'il a de ne pas sauver du mépris flaubertien d'autres personnages, trop repliés dans le confort bourgeois et hypocrite de ce XIXe siècle si bien peint par Flaubert et ressuscité ici.
Une des grande réussites de ce roman, en effet, est d'avoir donné vie aux personnages négligés dans Madame Bovary : on découvre, par exemple, une Madame Homais, héroïne tragique et sacrificielle, ou encore le petit Justin, l'aide du pharmacien en amoureux malheureux et généreux.
Ainsi, en plus d'une enquête policière passionnante, l'auteur sait nous faire entrer dans l'espièglerie de son jeu littéraire qui, devant la statue du commandeur Flaubert, oscille entre grief et admiration, provocation et reconnaissance. En tout cas, comme ses inspecteurs, Doumenc réussit parfaitement à «s'infiltrer».
Rebondissement dans l'affaire Bovary.
Après une enquête approfondie il convient d'en rendre officiellement un verdict... contre toute attente.
Le suicide d'Emma Bovary tombe à l'eau, mais à qui profite le crime ?
Comment s'est déroulé ce meurtre presque parfait ?
Une bonne raison de relire Mme Bovary mais surtout d'apprécier la façon dont l'auteur a eu de remettre ce classique au goût de jour.
Les divers faits apportés suite à une enquête minutieuse, nous emmènent au coeur d'un crime non élucidé....
Comment n'avons nous pas, nous lecteur, pu imaginer cette enquête ?
Une cuillère de cyanure, n'a jamais tué.... peut-être fait souffrir au pire.
A lire de toute urgence.
Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre.
Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est un fait reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque jamais mortel... Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la jeune femme, cieux médecins ont été appelés. L'un, le docteur Canivet, relève des traces discrètes de contusions ; l'autre, le professeur Larivière, pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : "Assassinée, pas suicidée." Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville afin d'élucider l'affaire.
Et les voilà bientôt nantis de plusieurs suspects possibles : un mari cocufié, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent... Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d'ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse - un vrai et noir roman qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d'ignorer.
Philippe Doumenc, né en 1934. a publié Les Comptoirs du Sud (prix Renaudot 1989, Seuil) ; En haut à gauche du Paradis (Seuil, 1992) et Les Amants de Tonnégrande (Seuil, 2003). Il vit à Paris.
Là où s'achève le roman de Flaubert, à quelques pages près, l'enquête de Philippe Doumenc commence, ou plutôt celle de deux policiers dépêchés à Yonville. La suspicion de crime est née de deux éléments : le docteur Canivet a remarqué de petites traces de contusion près du cou de la victime. Le professeur Larivière a entendu madame Bovary murmurer avant de s'éteindre : «Assassinée, pas suicidée.»...
Philippe Doumenc mène son histoire avec habileté. L'impertinent ne craint pas de glisser la présence de Flaubert lui-même à l'enterrement de son héroïne. Il traque la petite bourgeoisie péteuse, la médiocrité provinciale, avec jubilation. Son écriture se glisse dans celle de son modèle, trouve des accents brillants pour décrire un monde de faux-semblants qui sait se taire quand il faut et mentir si nécessaire.
De la belle ouvrage, cette pièce d'orfèvrerie littéraire ! Exercice de style et d'imagination - d'admiration aussi, sous le masque charmant de l'impertinence - ce quatrième roman de Philippe Doumenc oscille entre grand bluff et grand art. Devenu écrivain à la cinquantaine passée, prix Renaudot pour son premier livre, Les Comptoirs du Sud, en 1989, cet auteur a de très bonnes fréquentations, lui...
On aime cette impertinence à l'égard du maître du roman. D'autant que Philippe Doumenc a réussi un divertissant exercice littéraire ainsi qu'une variation bien troussée autour des histoires d'envie et d'amour que recèle une bourgade de province à une époque pudibonde. Son livre est aussi un «polar» efficace, où il apparaît que la culpabilité est la chose la mieux partagée du monde. En effet, comme les interrogatoires le montrent, plusieurs personnes dans l'entourage d'Emma avaient des raisons de souhaiter qu'elle disparaisse...
Emma Bovary, assassinée ? Le suicide à l'arsenic semblait pourtant établi. Mais le maître avait prévenu, «la bêtise consiste à vouloir conclure». Et la puissance d'un roman se mesure peut-être à ce qu'il en inspire d'autres. Cette fois, cent cinquante ans après la parution du chef-d'oeuvre, Philippe Doumenc pousse le révisionnisme jusqu'à corriger la version officielle sous la forme d'un polar plein de malice et de rebondissements...
CONTRE-ENQUÊTE
Préfecture de Rouen, 25 mars 1846.
Pour Rémi - comme du moins il le raconta plus tard -l'affaire commença le lendemain vers l'heure de midi. Il se trouvait avec quelques chenapans de ses collègues dans le bureau de police de la préfecture de Rouen quand leur patron le commissaire Delévoye entra, suivi d'un homme habillé en bourgeois. Ceux d'entre eux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail*.
"Monsieur Rémi, dit le commissaire Delévoye, pourriez-vous un instant nous rejoindre dans mon bureau ?"
Et, quand Rémi fut entré :
"Monsieur Rémi, continua Delévoye, inutile de vous présenter M. le professeur Larivière, le célèbre praticien de la faculté de médecine de notre ville."
Rémi s'inclina. Qui à Rouen ne connaissait au moins de réputation le docteur Larivière ?
"Avec l'un de ses confrères de Neufchâtel, le docteur Canivet, poursuivit le commissaire, le docteur Larivière a été appelé il y a deux nuits en urgence dans le village de Yonville-l'Abbaye, à huit lieues d'ici, au chevet d'une femme nommée Emma Bovary et âgée d'environ vingt-cinq ans. Cette femme s'était empoisonnée à l'arsenic, selon toute apparence par suicide ou accident."
Bel homme aux cheveux argentés, la redingote cossue ornée d'une rosette de la Légion d'honneur, le docteur Larivière opina.
"Cette femme est morte peu après leur arrivée, continua le commissaire, entourée de l'affliction de sa famille et de ses amis. Chacun parlait d'un suicide, mais à certains signes le docteur Larivière et son confrère ont eu suspicion de crime - oui, reprit-il, je dis bien : suspicion de crime", et au même moment Larivière opina à nouveau.
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