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«Demain, je pars pour le Darfour. Pour une mission d'un an.
J'ai droit à 20 kilos de bagages et j'en ai déjà 5 de livres, d'appareils photo et de pellicules.
Action contre la Faim m'a briefée sur la situation humanitaire, la sécurité, les programmes en cours. Je suis prête. En théorie.
Mais, je n'ai jamais travaillé pour une ONG, encore moins dans un contexte de guerre.
Émotionnellement, il va sans doute falloir que je me blinde.
Je vous promets de vous écrire de là-bas. Je vous raconterai ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens. Être une humanitaire sur le terrain, après tout, c'est ce que je voulais, non ?
J'ai un peu peur de ce qui m'attend.
J'espère être à la hauteur.»
Stéphanie
Après avoir travaillé dix ans en banques d'affaires à Londres, Stéphanie Rivoal décide de devenir photographe. Elle part le 26 mai 2005 en tant que coordinatrice des programmes d'Action contre la Faim au Nord-Darfour et en revient fin avril 2006. Stéphanie Rivoal a 36 ans. Darfour est son premier ouvrage.
Sur chaque exemplaire vendu, 1 € est reversé à Action contre la Faim.
Les courts extraits de livres : 27/05/2007
De : Stéphanie Rivoal
À : Fasher distribution list
Objet : Les femmes
25 mai 2006
Les femmes du Darfour portent sur leurs épaules le fonctionnement de la société. Même les hommes le reconnaissent et le disent occasionnellement. Elles sont la colonne vertébrale d'une société sous-développée et démunie, en temps de paix et en temps de guerre, elles sont l'épine dorsale de la survie.
Elles ne songent pas à se rebeller contre un fait accompli, la vie ici est comme ça.
Ce sont elles qui s'occupent des enfants, de leur santé, de la cuisine, du bois, d'aller chercher l'eau, de collecter les rations alimentaires, mais aussi des courses au marché et entre deux tâches ménagères de tenir un stand de thé pour arrondir des fins de mois difficiles.
Être femme commence tôt au Darfour, les petites filles vont à l'école puis vers 10 ans commencent à participer à la vie de la maison.
Être femme au Darfour n'est pas une partie de plaisir, ça ressemble plutôt à un martyre, un long chemin de croix.