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.. La révolution de la mort

Couverture du livre La révolution de la mort

Auteur : François Michaud Nérard

Préface : Didier Sicard

Postface : Bertrand Delanoë

Date de saisie : 23/04/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Vuibert, Paris, France

Collection : Espace éthique

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 978-2-7117-7239-1

GENCOD : 9782711772391

Sorti le : 23/04/2007

Marie Nicolle - 07/06/2007


  • Les présentations des éditeurs : 07/06/2007

Longtemps le passage de la vie à trépas a été réglé par «un prêt à penser». La religion prenait en charge l'organisation de la sépulture. Les pompes funèbres n'en étaient que le bras sécularisé, mise en scène théâtrale souvent enviée, respectée, solennelle ou dernière expression de l'émouvante dernière misère. Depuis plus d'un demi-siècle, les «pompes» sont devenues archaïques. C'est devenu un lieu commun de dire que la mort comme le mort sont escamotés. La société se conduit comme si la mort ne touchait que quelques malheureux malchanceux. Elle s'est soustraite au regard quotidien pour se réfugier dans les images de télévision ou de cinéma, témoignant ainsi de sa radicale extériorité. La mort est ainsi devenue un spectacle qui ne concerne plus chacun dans son intériorité. La disparition des rites accompagne la place croissante du savoir scientifique sur le corps. Un corps qui s'épuise à vivre doit être soumis à la réanimation la plus sophistiquée et miraculeuse qui soit, confinant à l'acharnement, ou à l'euthanasie. Il n'y a plus d'intermédiaire. Le corps doit être réparable ou jetable, comme tout ce qui nous entoure dans notre monde quotidien.
Cet ouvrage passionnant a l'immense avantage de replacer devant notre esprit l'ensemble des contradictions contemporaines de la mort. Son refoulement, dans nos sociétés rationalistes qui se croient libérées des fantasmes de l'imaginaire et des mythes, est source d'un malaise et d'une inquiétude qui transparaissent à chaque ligne de ce livre.

Pr Didier Sicard
Président du Comité consultatif national d'éthique

François Michaud Nérard dirige la société d'économie mixte Services funéraires - Ville de Paris qu'il a créée en 1998. Celle-ci emploie plus de cent personnes et compte treize agences et deux crématoriums. Il est vice-président de l'Union des professionnels du pôle funéraire public.


  • Les courts extraits de livres : 07/06/2007

Parce que je n'avais pas de tradition familiale, d'expérience, de formation qui me fasse regarder les choses du funéraire au travers d'un filtre a priori, je me suis laissé imprégner par ce que je voyais, ce que j'entendais. Scientifique de formation, j'ai essayé de tirer parti des expériences que nous vivions pour analyser les phénomènes, comprendre les décalages entre les traditions qui subsistaient et les conceptions contemporaines de la société ou encore raisonner pour proposer des améliorations et trouver des solutions à la perte de sens et l'inadaptation de certaines pratiques. Je n'ai pas la prétention d'avoir tout théorisé, je m'y refuse même. Un journaliste de Libération m'avait qualifié un jour - et ce n'était pas négatif sous sa plume - d'«anthropologue improvisé». Je revendique ce qualificatif, il me plaît bien d'être un praticien avant tout, guidé par l'expérience et le sens de l'éthique.
Ce qui m'a le plus marqué, venant d'un domaine tout autre, était le peu de littérature sur le sujet : quelques revues, quelques mémoires de professionnels, quelques ouvrages très théoriques de philosophes ou d'anthropologues, quelques ouvrages de droit ou d'histoire. Mais surtout, peut-être, une absence quasi totale de débat dans la sphère politique. Or, s'il est un sujet qui est politique au sens premier du terme, c'est bien le domaine de la mort, de son traitement par la société au travers de rites sociaux élaborés, codifiés. Nous vivons une évolution spectaculaire dans un domaine qui nous touche tous un jour ou l'autre et personne n'a l'air de s'y intéresser vraiment. Pire, lorsque vous en parlez, vous vous heurtez à un petit sourire poli.
Le sujet vaut mieux que cela. Je voudrais, au travers des pages qui suivent, montrer quelles questions les professionnels sont amenés à se poser dans leur exercice quotidien, du fait de l'évolution de la société, et quelles réponses ils tentent d'y apporter.
Ces questions sont, pour certaines, de véritables enjeux de société qui ne doivent pas laisser le corps social indifférent. Journalistes, politiques, intellectuels doivent se saisir de certaines d'entre elles afin que les solutions apportées ne soient pas uniquement des solutions de confort élaborées par des professionnels mais des solutions réfléchies et construites par tous et pour tous. Des solutions démocratiques. Bref, je voudrais inviter à un vrai débat en ouvrant cette fenêtre sur le monde inconnu du funéraire.
Les pages qui suivent ne s'attarderont pas sur ce que nous savons tous : il serait inutile de disserter longuement sur les obsèques d'une personne catholique morte de vieillesse et qui va se faire enterrer dans la sépulture familiale après une cérémonie à l'église entourée par des proches et des amis croyants.


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