Clarisse veut réussir dans la vie et devenir une styliste célèbre. Elle a toutes les qualités pour cela : du goût bien sûr, un humour ravageur et... une superbe chevelure rousse. Ce dernier détail n'est d'ailleurs pas passé inaperçu aux yeux de l'homme qui pourrait la faire grimper au sommet de la gloire. Le problème, c'est qu'il en est tombé amoureux et ne songe donc guère à son avancement : un rapprochement plus personnel serait davantage à son goût.
Mais Clarisse a du tempérament, et ne se laisse pas faire. En garde ! La fière styliste revêt son masque de Zorro, bien décidée à tailler un short à l'homme qui a décidé de lui barrer la route. À moins qu'une séduction secrète n'opère et qu'une tendre guerre ne déploie ses parts d'ombre et de velours. Avec quelques surprises de taille qui éclatent, ici et là, et les indispensables quiproquos qui achèvent de semer le trouble dans les esprits... Ajoutant à la saveur d'une relation aussi compliquée que passionnante.
Sexe, mode et célébrité, à quoi rêvent donc les rousses... quand on brûle de passion pour elles... et qu'elles résistent aussi longtemps.
Les courts extraits de livres : 11/06/2007
Clarisse s'énervait devant sa feuille a dessin. À plat ventre sur le sol, fesses rebondies, cheveux roux ébouriffés, elle traçait les lignes d'un long fourreau tout en décolleté. Le tissu recouvrait les épaules, le cou, mais dévoilait la courbe d'une hanche, le creux des reins, les cuisses et les jambes jusqu'aux chevilles.
Clarisse créait des vêtements qui déshabillaient. Elle inventait des drapés fluides et compliqués qui offraient aux regards des éclats de peau, de secrètes rondeurs et d'imprévisibles fentes d'où jaillissait la nudité. Les couleurs baroques et vives, les matières fluorescentes donnaient à ses modèles un aspect plus rêvé que réel.
«Importable !» se dit-elle.
Elle accentua un pli, dénuda une épaule... Le fusain se brisa et éclata en poussière noire sur le papier. La feuille à dessin vint rouler en boule sur la moquette.
Clarisse était de mauvaise humeur. On venait encore une fois de lui refuser ses croquis. Un styliste prétentieux lui avait signifié d'un ton poli et condescendant que les modèles étaient trop chargés, trop fous, trop voyants. Toujours trop ! Elle avait raccroché le téléphone sans un mot. À quoi bon expliquer ?
Dans la cuisine, elle remplit une petite casserole d'eau minérale et contempla la vapeur qui fuyait vers le plafond. Elle imagina d'emblée une chemise de nuit transparente et brumeuse avec laquelle il ne faudrait surtout pas dormir. L'eau dans la casserole s'évaporait. Le fond commençait à noircir. La boîte de thé était vide.
«On me refuse tous mes dessins, je n'ai plus d'argent, j'ai fui mon dernier amant et dans deux ans, j'aurai trente ans. Merde !» pensa-t-elle.
Clarisse vivait en équilibre. De petits emplois en chômage, d'amours fades en aventures médiocres, de solitude en révolte, elle se laissait dériver à travers le temps. Si elle avait l'habitude des rebuffades et de l'incompréhension d'autrui, elle n'en ressortait pas moins, à chaque fois, un peu plus meurtrie. Mais à présent, depuis son séjour dans une clinique psychiatrique, elle avait conscience du danger. Elle ne parlait jamais de cette parenthèse douloureuse.
Depuis, Clarisse avait décidé de vivre enfin. Jamais elle n'avait eu l'intention de mourir, oh non ! Son corps seul avait lâché. Son inconscient, ce salopard d'inconscient, s'était amusé à détruire cette ravissante enveloppe charnelle qui lui servait de «robe à vivre».