Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Noël Simsolo
Date de saisie : 16/05/2007
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : Hors commerce, Paris, France
Collection : Hors écran
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-915286-71-7
GENCOD : 9782915286717
Sorti le : 16/05/2007
«Au fil du temps, j'ai rencontré de nombreux artisans de cinéma. Ils étaient comédiens, producteurs, réalisateurs, critiques ou directeurs de cinémathèques. Certains d'entre eux demeurent dans les mémoires. D'autres sont presque oubliés, mais tous vivaient pour cet art et y brûlaient leur âme avec passion. (...)
J'ai eu la chance de les connaître et de dialoguer avec eux. Pas toujours de cinéma. Parfois, ce furent de longues conversations amicales étalées sur plusieurs années. D'autres fois, il a suffi d'une seule soirée pour marquer ma mémoire. Quelquefois, une collaboration nous a réunis.
Chaque individu porte en lui les traces des moments privilégiés où un mot, un geste, une attitude et une situation peuvent influencer l'existence. Je suis recouvert de ces traces. Elles sont signes de bonheur tout autant que cicatrices mal refermées. (...)
Ici, je vais évoquer un autre temps.
Un passé pourtant proche.
Une belle époque où j'ai baigné avec insolence.»
Noël Simsolo
Scénariste, cinéaste, historien du cinéma et écrivain, Noël Simsolo a publié aux éditions Cahiers du cinéma : Clint Eastwood, 2003, Conversations avec Sergio Leone, 1999, Il était une fois... Samuel Fuller, 1990, et Sacha Guitry, 1988.
Robert Benayoun
Sans notre passion commune pour Jerry Lewis, j'aurais sans doute mal connu ce cinéaste, poète et critique venu du surréalisme.
Doté d'une immense culture, il explorait avec subtilité les arcanes du dessin animé, les constructions littéraires basées sur la notion d'absurde et d'insolite, les continents perdus du burlesque cinématographique américain d'avant la seconde guerre mondiale et les inventions graphiques ou narratives de la bande dessinée.
Au sein de la revue Positif, il occupait une place de choix, analysant avec pertinence les films de John Huston, Alain Resnais et Woody Allen, mais attaquant systématiquement les films de Jean-Luc Godard. Son rejet de la Nouvelle Vague fut d'abord la raison de ma vive colère envers lui. Dans le petit milieu de la cinéphilie lilloise du début des années 60, nous lisions aussi bien Positif que Les Cahiers du cinéma. Au «Nord Ciné Club», les écrits des rédacteurs de cette première revue étaient à l'honneur. La programmation s'y pliait. Les débats s'en ressentaient. En revanche, au «Ciné-club étudiant», animé par Pierre-Henri Deleau, la politique des auteurs et les révolutions esthétiques de la Nouvelle Vague étaient de rigueur.
Jean Douchet venait parfois de Paris pour y parler de Fritz Lang, Vincente Minnelli et Jean Renoir. Nous invitions aussi des cinéastes comme Jacques Doniol-Valcroze, Pierre Kast et Jean-Daniel Pollet.
Dans ce contexte orageux, si je pestais souvent contre les diatribes de Benayoun à propos de Godard, tout en l'admirant pour sa belle défense de Jerry Lewis, j'apprenais pourtant par coeur son Anthologie du nonsense et considérais (avec une certaine naïveté) qu'un ami d'André Breton ne pouvait jamais être de mauvaise foi.
Lors d'un passage à Paris, j'avais fait la connaissance de Bernard Cohn, jeune critique à Positif, actif défenseur des films de Jacques Rivette et grand admirateur de King Vidor. C'est lui qui me présenta Robert Benayoun à la sortie d'une projection d'un film de Buster Keaton à la Cinémathèque Française de Chaillot. Nous ne parlâmes alors que de Jerry Lewis.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia