Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».
est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
Auteur : Alain Fleischer
Date de saisie : 26/09/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Collection : Styles
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-7491-0926-8
GENCOD : 9782749109268
Sorti le : 23/08/2007
... La librairie est elle-même un lieu de rassemblement, des îles, des îlots, des archipels, où le lecteur en puissance peut choisir, circuler dans une géographie des livres et dans une sorte de bibliothèque idéale en puissance. Tout est là, mais il faut encore le goût, le choix, la culture d'un lecteur particulier pour faire son parcours, pour constituer sa géographie parmi tous ces livres possibles. La librairie, pour moi, est un magasin tout à fait singulier, qui ne propose pas du tout des marchandises, loin de là, même si les livres sont des objets avec un prix. Il propose une circulation imaginaire à travers des mondes. Au revoir. Je souhaite évidemment bonne chance et bonne rentrée aux libraires à qui les auteurs doivent beaucoup, puisque c'est eux qui défendent les livres, les présentent et en donnent envie aux lecteurs. Donc je pense que les relations des auteurs aux libraires sont très importantes, et je suis très attentif à leur bonne santé.
«Dans cette cabine d'ascenseur, silencieuse et sombre, arrêtée au rez-de-chaussée de l'hôtel Hungaria, sur l'Isola del Lido, à Venise, j'ai le sentiment de flotter encore à la surface dune histoire, et cet arrêt, cette obscurité sont ceux du bain d'arrêt à la surface duquel flotte une image photographique, apparue mais menacée de disparition, entre révélation et fixation. Une situation s'est dessinée, une image s'est révélée, dont nous sommes les prisonniers responsables, se dit David. Tout s'inverse : si l'ascenseur finissait par s'élever, je m'enfoncerais, avec cette Stella de Prague qui ne s'appelle pas Stella, vers quelque profondeur où m'aurait attendu depuis longtemps la Stella de Buenos Aires, la noyée du Rio de la Plata. N'est-ce pas le propre de Venise de tout inverser, de tout renverser comme au fond d'un sombre miroir ?»
Ecrivant, photographe, cinéaste et plasticien, Alain Fleischer a créé et dirige le Fresnoy, Studio national d'art contemporain. Il a notamment publié Les Ambitions désavouées (le Seuil), Immersion (Gallimard) et L'Amant en culottes courtes (Le Seuil).
La stratégie de l'archipel
Toute écriture littéraire - qu'elle soit fictionnelle et romanesque, ou autobiographique (et romanesque encore, ce n'est pas nouveau, voir Les Confessions, de Jean-Jacques Rousseau) - s'emploie à cacher un secret - faute, perte, erreur, échec, deuil, regret, remords, culpabilité, douleur -, bien plus qu'à le dire, bien plus qu'à l'exposer, à le cacher dans les mots, à le perdre, à l'enfouir, à l'ensevelir dans un tombeau profond d'où cela ne ressortira jamais, et dont la trace inversée, le positif issu de ce négatif, la forme heureuse, visible, issue de ce creux malheureux, de ce creuset, de ce moule, sera précisément la sépulture menteuse, le mensonge du petit monument d'écriture. Car évidemment, la vérité ne se dit pas, elle ne s'écrit pas, même quand il y a volonté de la dire, de l'écrire, ou croyance sincère en cette volonté, en cette possibilité, toujours la vérité se dérobe, toujours elle échappe - c'est son essence -, toujours une volonté contraire s'oppose à celle de la dire, de l'écrire, et finit par l'emporter à la faveur d'une ruse suprême, toujours une ultime serrure résiste à toutes les clés jusqu'à la dernière, toujours l'auteur lui-même, le coupable, a prévu cette serrure-là, contre les clés de l'écriture qu'il a lui-même forgées. Et si ce n'est pas l'auteur qui a, en toute conscience, conçu et fabriqué cette ultime serrure de mots, inviolable, il sait que c'est tout son art, l'art de la serrurerie qui, au-delà de lui-même et de ses capacités propres, aura fini par la lui procurer en même temps, dans le même métal, avec cette même matière des mots dans laquelle il élabore des clés. La littérature est cet art de forger des clés et d'imaginer ensuite les serrures que les clés pourraient ouvrir, jusqu'au moment où toutes les clés auront fini par former une serrure dont la clé manque à jamais, puisque toutes les clés ont été employées au mécanisme de la serrure. Le but caché de toute écriture est donc de cacher son but, premier de tous les secrets, dans lequel l'écriture elle-même finit par oublier son origine, son énigme, l'encre qui la matérialise, la main qui la trace, et puis le bras dont la remontée s'avère impossible jusqu'à la tête où l'encre, avant d'être inerte et froide, a été un sang bouillonnant et chaud, irriguant le mystère d'une conscience, d'une mémoire, d'une imagination, d'une pensée.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia