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.. Villa des hommes

Couverture du livre Villa des hommes

Auteur : Denis Guedj

Date de saisie : 16/08/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-221-10855-0

GENCOD : 9782221108550

Sorti le : 16/08/2007

Ce roman nous donne l'occasion de découvrir, à la fois l'univers d'un mathématicien inspiré par Georg Cantor, mais aussi un certain point de vue sur la fin de la guerre de 14. Denis Guedj parvient à chacun de ses romans à nous intéresser par l'aspect philosophique des mathématiques et crée des personnages très attachants que l'on a du mal à laisser à la fin du roman.


  • Le journal sonore des livres : Denis Guedj - 26/06/2007

Denis Guedj - 26/06/2007


  • Les présentations des éditeurs : 29/06/2007

1917, en Allemagne. En plein conflit mondial, Hans Singer, vieux mathématicien de renom sujet à des crises de folie, est admis dans un hôpital psychiatrique où il a déjà effectué plusieurs séjours.
Le directeur de l'établissement accueille avec beaucoup de déférence cet homme mondialement reconnu par la communauté scientifique pour ses travaux sur l'infini. Il lui attribue une petite chambre particulière dans la Villa des Hommes mais l'informe que, étant donné la situation, il devra certainement partager son espace de vie avec un autre patient.
À quelque temps de là, Matthias Dutour, un jeune soldat français - conducteur de locomotive dans le civil, libertaire viscéral traumatisé par la guerre -, intègre la chambre 14 de la Villa des Hommes, celle qu'occupe précisément Herr Hans Singer.
Jour après jour, le plus souvent enfermés dans leur minuscule cellule de vie commune, Herr Singer et Matthias, ces deux hommes que tout paraît opposer, vont peu à peu s'apprivoiser, apprendre à mieux se connaître et, pour finir, tisser entre eux les liens d'une aussi improbable qu'indéfectible amitié.

Fondé sur un dispositif romanesque original, le nouveau roman de Denis Guedj met face à face la réincarnation de Georg Cantor, inventeur de la fameuse «théorie des ensembles», et un personnage de fiction pure, conducteur de locomotives et anarchiste au grand coeur. L'auteur suggère en filigrane que, comme la politique, les mathématiques doivent être au service de l'Homme.

Denis Guedj est mathématicien et professeur d'histoire des sciences et d'épistémologie à l'université Paris-VIII. Il a écrit de nombreux romans parmi lesquels : La Méridienne (Robert Laffont, 1997), Le Théorème du perroquet (Le Seuil, 1998), Les Cheveux de Bérénice (Le Seuil, 2002), Zéro (Robert Laffont, 2005), et des essais : La Révolution des savants (Gallimard, 1988), L'Empire des nombres (Gallimard, 1996), Le Mètre du monde (Le Seuil, 2000).


  • Les courts extraits de livres : 10/09/2007

Frac noir et haut-de-forme cabossé, Ernest tenait les rênes avec la maîtrise des vieux cochers qu'aucune rosse n'aurait pris au dépourvu.
Cette fois, ce n'était pas Madame qui accompagnait Monsieur. Elle était épuisée; depuis le temps que cela durait ! Et puis, c'était bien au tour des enfants de prendre le relais et de s'occuper de Hans Singer. Cette fois, c'était à Nicklaus, tout juste revenu du front de l'Est, d'accompagner son père dans ce voyage bien différent des précédents. Il le méritait. Bon mari, bon père. «Comme quoi, même une famille unie n'y suffit pas toujours, pensa Ernest, farouche célibataire. Mais qu'est-ce qui suffit ? Est-ce que seulement quelque chose suffit ? C'est tellement étrange et tellement compliqué, un esprit ! Surtout compliqué.
Perd-on l'esprit comme on perd ses clefs ? Une clef, surtout si elle est plate, on peut l'avoir perdue depuis longtemps et ne s'en apercevoir qu'au moment où l'on en a besoin. Il y a des choses qui ne vous manquent qu'au moment où elles vous manquent. Mon Dieu, comme elle est maigre ! Elle n'a que la peau et les os. Pauvre Lazarette !» Ernest, l'oeil mouillé de tendresse, regardait sa Rossinante avancer sans se soucier des problèmes des humains, principalement ceux que se posait Ernest Zwanzig, le cocher des Singer. Des problèmes de clefs.
- Ernest !
- Oui, monsieur Nicklaus ? répondit Ernest, tiré de ses considérations aussi chaotiques que la route sur laquelle le cabriolet brinquebalait.
- Arrêtons-nous, veux-tu ? Il fait trop beau pour rester enfermé.
Ernest tira sur les rênes. Nicklaus sauta à terre avant que le cabriolet s'immobilise sur le bas-côté de la petite route, à une poignée de kilomètres de Luftstadt. Le temps était, en effet, magnifique en ce 11 mai 1917.
- Aide-moi à rabattre la capote.
Le cabriolet étant bas de roues, Ernest en descendit aisément. Oh ! cela faisait bien longtemps qu'il avait cessé de réprimander Nicklaus quand il sautait en marche ! Il se demanda s'il sauterait pareillement de son automobile. À la vitesse où elles allaient...


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